Les services spéciaux ont présenté à la presse, ce vendredi, onze hommes soupçonnés d’appartenir à un réseau spécialisé dans le vol, le recel et la revente de motos à Conakry. L’opération, menée à Mafanko, sur la Route du Niger, a permis la saisie de plusieurs engins dont les caractéristiques auraient été volontairement modifiées afin d’en dissimuler l’origine.
« À la suite de dénonciations provenant de sources crédibles, recoupées par plusieurs autres informations, notre service a procédé, le 4 août 2026, à l’interpellation de onze personnes et à la saisie de plusieurs motos volées », a déclaré le responsable policier.
D’après les enquêteurs, les motos dérobées étaient rapidement acheminées vers ce garage où elles faisaient l’objet de multiples transformations. Les membres présumés du réseau remplaçaient notamment le réservoir, le phare ou encore la selle, modifiaient l’apparence générale des engins et falsifiaient les numéros de châssis afin de rendre leur identification quasiment impossible.
Le commissaire Soropogui affirme également que le réseau se procurait de fausses clés, de faux certificats d’immatriculation ainsi que des plaques d’immatriculation grâce à la complicité présumée de certains agents, avant d’écouler les motos sur le marché.
Les personnes interpellées, âgées de 27 à 44 ans, sont : Sékou Camara, présenté comme le chef présumé du réseau, Mamady Cissé, Sayon Kaba, Idrissa Condé, Souleymane Traoré, Alya Camara, Sory Doumbouya, Oumar Sory Savané, Mahamed Lamine Bangoura, Abdoulaye Traoré et Ibrahima « Ilaye » Condé.
Au cours de leurs auditions, les mis en cause ont rejeté les accusations portées contre eux. La police soutient toutefois que les motos saisies ne disposaient d’aucun document administratif et que leurs numéros de châssis avaient été falsifiés, des éléments qu’elle considère comme des indices sérieux de leur provenance frauduleuse.
« Je ne fais pas partie de ce réseau. Je suis mécanicien. Lorsque des clients me confient une moto pour une réparation ou pour remplacer une pièce, je fais simplement mon travail. Je ne connais rien de cette affaire. Je travaille à Mafanko et je n’exerce que mon métier », s’est-il défendu devant les journalistes.
Les onze suspects sont poursuivis pour association de malfaiteurs et vol aggravé, des infractions prévues et réprimées par les articles 784 et 374 du Code pénal, selon la police.
Aux dernières nouvelles, ils devaient être déférés devant le tribunal de première instance de Mafanco, où la justice devra établir les responsabilités de chacun dans cette affaire.

