Le climat social se tend à la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). La délégation syndicale de l’institution, affiliée à l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) et à la Fédération syndicale autonome des banques et assurances de Guinée (FESABAG), a annoncé ce vendredi 7 août 2026 le dépôt d’un préavis de grève, tout en dénonçant l’attitude des autorités actuelles de la BCRG.
Lors d’un point de presse tenu à Conakry, les représentants des travailleurs ont confirmé avoir transmis, le jeudi 6 août, un préavis de grève à la direction générale de la BCRG. Le mouvement annoncé couvre la période du lundi 10 au jeudi 20 août 2026. À défaut d’un accord durant cette période, le syndicat menace de déclencher une grève générale illimitée jusqu’à la signature du protocole d’accord 2026.
Selon le secrétaire général adjoint de la délégation syndicale, Aboubacar Sidiki Camara, ‘’cette décision fait suite au refus présumé du gouverneur de signer un protocole d’accord issu des négociations engagées autour de neuf points de revendication.’’
« Nous avons mené plusieurs démarches qui n’ont pas abouti. Les autorités refusent d’exécuter le protocole d’accord de 2026. Nous avions formulé des préalables prioritaires, notamment la prise en charge des évacuations sanitaires des employés. Malgré la validation de trois dossiers de malades, aucune suite n’a été donnée. Certains collègues sont décédés, d’autres sont devenus invalides. Nos camarades en détachement ont également été abandonnés », a déclaré le responsable syndical.
Les travailleurs dénoncent également ce qu’ils qualifient de « blocages » dans le processus de négociation.
« Un accord de principe avait pourtant été trouvé et un projet de protocole rédigé. Mais la signature a été retardée par plusieurs manœuvres. Des informations sur les revenus des employés auraient ensuite été collectées et diffusées sur les réseaux sociaux, ce qui met en danger l’image et la crédibilité de l’institution », a ajouté Aboubacar Sidiki Camara.
S’appuyant sur les dispositions des articles 431.3 et suivants du Code du travail guinéen, la délégation syndicale indique avoir transmis une copie de sa notification à la FESABAG ainsi qu’à l’Inspection générale du travail (IGT).
Elle appelle toutefois la direction de la BCRG à privilégier le dialogue afin d’éviter une escalade du conflit.
« Nous invitons le cabinet à prendre les dispositions nécessaires pour trouver une issue favorable et constructive à cette situation et éviter un durcissement du mouvement syndical », a lancé le syndicat.
Si aucun compromis n’est trouvé avant le 20 août, une paralysie de la Banque centrale pourrait avoir des conséquences importantes sur le fonctionnement du secteur bancaire et financier guinéen.

