Site icon Guinéenews©

Rentrée scolaire 2026 : les enseignants contractuels menacent de bloquer l’ouverture des classes

« Tant qu’il n’y a pas d’arrêté d’engagement, il n’y aura pas de cours. Terminé ! » menacent les enseignements contractuels.
À quelques semaines de la rentrée scolaire prévue en septembre, le collectif des enseignants contractuels communaux non retenus, hausse le ton. Réunis ce samedi 1er août 2026 à la Bourse du Travail de Kaloum, ses membres ont lancé un avertissement au gouvernement, exigeant la signature de leur arrêté d’engagement avant la reprise des cours. À défaut, ils annoncent des actions pouvant compromettre l’ouverture effective des classes sur l’ensemble du territoire.
Cette mobilisation intervient alors que les commissions chargées d’examiner leur dossier, mises en place en avril dernier par le gouvernement, en collaboration avec l’intersyndicale de l’éducation, n’ont toujours pas achevé le processus d’intégration des enseignants concernés.
Au cours de la rencontre, les manifestants ont réaffirmé deux principales revendications : la correction immédiate des anomalies relevées sur les listes et la finalisation du processus d’intégration « sans exclusion, sans omission, sans substitution et sans retard », sous le slogan : « Notre Arrêté d’Engagement maintenant ! ».
Un ultimatum adressé au gouvernement
Prenant la parole au nom du collectif, le coordinateur Diaka Sow a fixé une ligne rouge. Il a demandé que les arrêtés d’engagement soient signés durant les vacances scolaires, faute de quoi, une nouvelle phase de mobilisation sera engagée. « Si notre arrêté d’engagement n’est pas signé pendant ces vacances, nous allons faire recours à l’intersyndicale de l’éducation », a-t-il averti.
S’adressant ensuite aux responsables syndicaux présents, il a insisté sur l’urgence du dossier : « Nous vous invitons rapidement à défendre notre dossier auprès du gouvernement. Faites tout votre possible pour que l’arrêté de 4 500 enseignants soit signé pendant ces vacances. A défaut de cela, vous allez nous permettre de déclencher une grève générale et illimitée. »
Le coordinateur est allé encore plus loin en menaçant directement la rentrée scolaire. « Tant qu’il n’y a pas d’arrêté d’engagement, il n’y aura pas de cours. Terminé ! », a-t-il lancé devant les enseignants mobilisés. Dans le même élan, Diaka Sow a interpellé le président de la République afin qu’une solution soit rapidement trouvée à leur situation.
« J’adresse une plaidoirie au président Mamadi Doumbouya, père de tous les 4 000 enseignants contractuels. On est soumis à l’éthique du pays, on est parti enseigner dans les villages. Aujourd’hui, on a fait le concours spécifique à la pratique de classe et on a obtenu la moyenne requise », a-t-il déclaré.
Le SLECG évoque un problème de moyens
Présent à cette rencontre, Mohamed Bangoura, responsable de la communication du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), a apporté des précisions sur les raisons du retard enregistré dans le traitement des dossiers.
Selon lui, les commissions ont déjà largement avancé dans leur travail, mais se heurtent désormais à un manque de moyens logistiques et financiers, indispensables pour achever les dernières vérifications sur le terrain.
« Le gouvernement nous a donné deux mois renouvelables une fois, pour le traitement de votre dossier. Nous nous sommes dit, c’est le terrain qui commande. Deux mois renouvelables une fois, c’est-à-dire quatre mois. Et allez-y, comparez, les jours sont payés à 350 000. Nous nous sommes dit, entre nous, ce n’est pas la somme de 350 000 par 30 mois qui va faire de nous des hommes nantis. Derrière, il y a nos sœurs, nos frères, nos tantes, nos neveux, qui n’attendent que le compte rendu de cette commission pour avoir un espoir. Nous nous sommes dit, quatre mois, c’est trop. Il faut réduire le travail à deux semaines. Si nous allons avoir de l’argent, ce n’est pas sur le dos de ces pauvres enseignants qui souffrent et qui pleurent. Nous nous sommes dit, il n’est plus question d’aller au MEPUA ou d’appeler pour la remontée des listes. »
Poursuivant son intervention, le responsable syndical a assuré que le travail technique est pratiquement achevé, tout en expliquant que la dernière étape dépend désormais de l’appui du gouvernement.
« Et au moment où je vous parle, de Conakry à Genève et de Genève à Conakry, nous avons fini de traiter votre dossier. Et nous nous sommes dit, après la publication de cette liste, il ne faudrait pas entendre quelqu’un dire, vous m’avez oublié. Alors, voici ce qui explique le retard. Nous avons demandé simplement à la Commission de négociation de mettre les moyens logistiques et financiers à notre disposition afin que nous puissions aller dans la dernière sous-préfecture de la Guinée pour savoir si on n’a pas oublié quelqu’un derrière nous », a rassuré Mohamed Bangoura.
Quitter la version mobile