Site icon Guinéenews©

N’Zérékoré : une dame condamnée à 30 ans de réclusion pour la tentative d’assassinat de son époux

Le Tribunal criminel de première instance de N’Zérékoré a rendu, ce vendredi 31 juillet 2026, un verdict qui a surpris plus d’un observateur. Poursuivie pour tentative d’assassinat sur son compagnon, Yvers Alexandre Monemont, Mamè Sabine Saba a été condamnée à 30 ans de réclusion criminelle, soit une peine largement supérieure aux huit ans de réclusion requis par le ministère public.

À la barre, l’accusée a reconnu avoir porté un coup de couteau à son compagnon, tout en niant toute intention de lui ôter la vie. Elle a soutenu que le geste était accidentel et s’était produit au cours d’une altercation. Selon ses explications, elle voulait simplement déposer dans la cuisine un couteau qu’elle avait trouvé sur la véranda. Elle affirme n’avoir porté qu’un seul coup, expliquant que son compagnon l’avait saisie par les cheveux au moment où elle se retournait.

Une version fermement contestée par la victime. S’appuyant sur les éléments du dossier, Yvers Alexandre Monemont a déclaré avoir été attaqué alors qu’il dormait et avoir reçu trois coups de couteau de la part de sa compagne. Il a indiqué avoir été admis dans un premier temps à l’hôpital régional de N’Zérékoré avant d’être évacué à Conakry, où il a subi plus de sept interventions chirurgicales.

L’audience a été marquée par une vive émotion lorsque, au cours des réquisitions du parquet, Mamè Sabine Saba a éclaté en sanglots avant de s’effondrer dans la salle. Le président du tribunal, Ismaël Nabé, a alors suspendu brièvement les débats afin de rétablir le calme.

La défense a plaidé coupable tout en sollicitant le bénéfice de larges circonstances atténuantes. Invitée à s’exprimer une dernière fois avant la clôture des débats, l’accusée a présenté ses excuses au tribunal ainsi qu’à la victime.

Après en avoir délibéré, le Tribunal criminel a déclaré Mamè Sabine Saba coupable de tentative d’assassinat et l’a condamnée à 30 ans de réclusion criminelle. En revanche, elle a été relaxée du chef de vol de numéraires, les juges estimant que cette infraction n’était pas suffisamment établie.

Sur le plan civil, la condamnée devra verser 200 millions de francs guinéens à Yvers Alexandre Monemont à titre de dommages et intérêts. Les frais et dépens ont également été mis à sa charge.

Au terme de la lecture du jugement, le président du tribunal a rappelé à la condamnée qu’elle disposait d’un délai de quinze jours pour interjeter appel.

À la sortie de l’audience, Yvers Alexandre Monemont s’est déclaré satisfait de la décision de justice. L’ingénieur agronome a indiqué avoir subi sept interventions chirurgicales à la suite des faits et affirme conserver d’importantes séquelles physiques. À ses yeux, ce verdict envoie un signal fort dans la lutte contre les violences criminelles.

Quitter la version mobile