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L’œil de Guinéenews : véhicule sans immatriculation, sans trace : le grand défi de la sécurité routière (seconde et dernière partie)

Préjudice fnancier

Il existe un aspect à signaler dans la non immatriculion des véhicules : c’est le préjudice financier énorme que cette pratique inflige à l’Etat. Tout le monde sait que l’immatriculation est conditionnée par le versement d’un montant proportionnel au type du véhicule et à son usage, mais aussi à certaines autres conditions. L’acquittement de la Taxe Unique sur Véhicule (TUV), de l’autorisation de transport, de l’assurance, de la visite technique sont de celles-là. C’est ainsi que, plus le nombre de sans numéro s’accroît, plus les pertes de l’Etat sont grandes.

Incidence sur les statistiques du parc automobile

Les statistiques du parc autombile sont indispensables pour maîtriser les besoins réels en importation de carburant, lubrifiant et pièces de rechange. Il en est de même, quand il faut réparer ou construire des routes, etc. Tout projet de développement de ce secteur doit reposer sur des statistiques fiables. Il faut connaître le nombre de véhicules qui circulent sur le territoire national.

Aspect sécuritaire

Le volet sécuritaire est important à prendre en compte. Pour plein de brigands et autres criminels, rouler sans numéro est un stratagème approprié, pour commettre des forfaitures, sans risquer de se faire prendre. En pareil cas, les bandits font tout pour que les victimes aient toujours affaire à des gens non identifiables, qui ne seront jamais découverts. C’est ainsi qu’ils font en sorte que leurs opérations se terminent toujours par les lamentations des victimes. Quand on entend dire : « les bandits sont partis. Ils étaient dans un véhicule sans numéro. »Cela veut dire que la cause est perdue pour les victimes. Les bandits se sont évadés sans laisser de traces. ils ont littéralement disparu.

C‘est la même chose en cas d’accident. Si jamais, on est victime d’un véhicule « sans numéro »,  il faut alors, prier Dieu que son conducteur soit correct. Sinon, c’est le délit de fuite assuré. Il s’en va et vous laisse, sans aucun moyen pour le retrouver.Mais, il peut aussi arriver qu’il ne fuit pas. Et souhaitons alors qu’il soit solvable et de bonne disposition morale pour vous dédommager. Sinon vous êtes perdant, car un « sans numéro » n’a jamais une police d’assurance pour son véhicule. Toutes les compagnies concluent qu’il est « inconnu du bataillon », comme on le dit, en terme militaire.

Une ébauche de solution qui n’a pas fait long feu

L a plupart des voitures sans immatriculation sortent des parcs de véhicules d’occasion, surtout la nuit. Pour faire ses courses, en toute liberté, il suffit que l’un des vendeurs le décide. Il prend alors un véhicule sans numéro, en vente, et sort avec, en ville.

Pour mettre fin à ce comportement une disposition règlementaire avait été prise dans les années 1980.  On avait institué, de commun accord entre la Direction Nationale des Transports Terrestres (DNTT) et les vendeurs de véhicules d’occasion, le port d’une plaque W amovible que tout véhicule d’occasion devait monter avant de rouler en ville, que ce soit pour des besoins d’essai ou autre. Cela a bien fonctionné quelque temps, avant de s’estomper et disparaître.

Anarchie et comportements à la limite de l’incivisme

Aujourd’hui, on fait du n’importe quoi. C’est l’anarchie totale. Beaucoup d’automobilistes roulent sans immatriculation, d’autres mettent leur nom ou prénoms, un slogan, un surnom ou un sigle sur la plaque. Toutes sortes de bizarreries ! On voit un drapeau étalé sur le tableau de bord, un bérêt, ceinturon, autocollant ou pendentif qui porte : laissez-passer.  Peut-être, pour passer les contrôles, sous l’effet d’un trafic d’influence ou tout autre moyen de pression, du genre : « est-ce que tu me connais? Tu sais à qui tu as affaire » ?

Sur les motos, on voit des plaques avec AG, PN, GN, sans rien d’autre en plus, etc. Rien de tout cela n’est bon. Ni pour l’intéressé (le propriétaire) ni pour l’Etat.

Ne l’oublions jamais, un véhicule sans immatriculation, c’est comme un citoyen sans nom. C’est de l’anonymat; c’est un réel facteur de péril sur nos routes; une grosse perte pour le pays tout entier.

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