Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a officiellement changé de main ce mercredi 29 juillet 2026. Au cours d’une cérémonie de passation de service, Dr Diaka Sidibé a transmis les rênes du département à Mme Djami Diallo, après avoir dressé le bilan des réformes engagées durant son passage à la tête du ministère. De son côté, la nouvelle ministre a dévoilé les grandes priorités qui guideront son action, plaçant la qualité des formations, la recherche scientifique et la gouvernance au cœur de son mandat.
Dans son intervention, Dr Diaka Sidibé a affirmé qu’elle quitte ses fonctions avec « un sentiment du devoir accompli », en rappelant que son action s’est articulée autour de quatre priorités : l’amélioration de la qualité des enseignements, le renforcement de l’employabilité des diplômés, la valorisation de la recherche scientifique et la consolidation de la gouvernance des institutions d’enseignement supérieur.
Selon la ministre sortante, plus de dix programmes et projets ont été lancés, avec notamment le recrutement de 30 docteurs et enseignants-chercheurs issus de cinq pays partenaires. Elle a également annoncé un taux d’exécution opérationnelle global de 94 % au premier semestre 2026, dont 100 % pour l’axe « Gouvernance et performance » et 83,24 % pour l’orientation stratégique.
Dr Diaka Sidibé a aussi mis en avant les performances administratives de son département, citant l’exécution de la totalité des instructions présidentielles, près de 92,3 % de celles du Premier ministre, la régularité du reporting mensuel à la Primature, ainsi que la numérisation de plus de 5 500 dossiers administratifs et 4 200 documents électroniques.
Sur le plan des infrastructures, elle a évoqué l’avancement du premier bloc pédagogique de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, le lancement des travaux de l’Université Julius Nyerere de Kankan sur les sites de Boké ainsi que la préparation du site de Faranah. Elle a également annoncé la finalisation du programme UNIV, destiné à équiper, dans une première phase, une trentaine de laboratoires universitaires et scientifiques.
La réforme des formations universitaires figure également parmi les acquis mis en avant. Selon elle, les programmes sont progressivement alignés sur les besoins de l’économie nationale, les métiers d’avenir et les exigences du programme Simandou 2040. Elle a aussi rappelé que plus de 112 000 élèves ont bénéficié d’un accompagnement à l’orientation, tandis que plusieurs initiatives ont été menées pour promouvoir l’excellence académique et renforcer la vie estudiantine.
Sur le volet scientifique, la ministre sortante a cité le lancement d’un programme de recherche dédié au projet Simandou, la création d’une revue scientifique ainsi que l’organisation de plusieurs rencontres scientifiques internationales.
Reconnaissant que plusieurs chantiers restent à achever, Dr Diaka Sidibé a admis que des contraintes budgétaires et des retards de décaissement ont ralenti certains projets. Elle s’est toutefois dite convaincue que les réformes engagées seront consolidées par sa successeure.
Djami Diallo place le capital humain au cœur de son action
Dans son premier discours en tant que ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Djami Diallo a affiché sa volonté de poursuivre les réformes engagées tout en donnant une nouvelle impulsion au secteur.
La nouvelle ministre a également rendu un hommage appuyé à Dr Diaka Sidibé, dont elle a salué les réformes entreprises et les résultats obtenus au cours de son mandat. Elle a assuré vouloir inscrire son action dans la continuité des chantiers déjà ouverts, estimant que les avancées enregistrées constituent une base solide pour accélérer la transformation du système d’enseignement supérieur.
Pour Djami Diallo, le développement du capital humain reste l’un des principaux leviers de la transformation économique et sociale du pays. À ce titre, elle a rappelé le rôle stratégique que doivent jouer les universités et les centres de recherche dans la production des compétences et des connaissances indispensables au développement national.
Afin de concrétiser cette ambition, la ministre a défini trois axes prioritaires. Le premier concerne l’amélioration de la qualité des formations universitaires. Elle entend poursuivre la révision des programmes d’enseignement, renforcer les exigences académiques et adapter davantage les cursus aux besoins du marché de l’emploi et aux mutations de l’économie guinéenne. Selon elle, les diplômes délivrés par les établissements d’enseignement supérieur doivent répondre aux attentes des employeurs tout en favorisant l’entrepreneuriat et la création de valeur.
Le deuxième chantier portera sur la recherche scientifique. Djami Diallo souhaite créer un environnement plus favorable au travail des enseignants-chercheurs et encourager le développement de projets capables d’apporter des réponses concrètes aux défis auxquels la Guinée est confrontée, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de l’énergie, de l’environnement, des mines, du numérique et de l’innovation.
La gouvernance des institutions universitaires constitue le troisième pilier de son action. La ministre a annoncé la poursuite des réformes visant à renforcer la transparence dans la gestion, la redevabilité des responsables, la culture de l’évaluation ainsi que l’efficacité des établissements d’enseignement supérieur.
Djami Diallo a lancé un appel à la mobilisation de l’ensemble des acteurs du secteur, des enseignants-chercheurs aux étudiants, en passant par les personnels administratifs et les partenaires techniques et financiers. Elle a assuré que son département privilégiera le dialogue, l’écoute, la responsabilité partagée et la recherche de résultats, afin de relever les défis auxquels l’enseignement supérieur et la recherche scientifique sont confrontés.

