Les six candidats condamnés en première instance dans l’affaire de fraude au baccalauréat ont été relaxés ce lundi 27 juillet 2026 par la Cour d’appel de Conakry. Cette décision intervient à la suite de l’appel interjeté par le procureur de la République près le Tribunal de première instance (TPI) de Kindia contre le jugement rendu en première instance.
Cette nouvelle décision judiciaire intervient dans un contexte particulièrement sensible à Kindia, où l’affaire avait provoqué une vive émotion. Les six candidats avaient été placés sous mandat de dépôt puis incarcérés à la maison d’arrêt de Kindia après leur condamnation. Le dossier avait pris une dimension nationale après le décès de Mamadou Djouma Bah, l’un des candidats poursuivis, un drame qui avait suscité une vague d’indignation et relancé le débat sur le traitement judiciaire des cas de fraude aux examens nationaux.
À l’annonce de leur relaxe, les réactions se sont multipliées dans la cité des agrumes. Entre soulagement, compassion, incompréhension et appels au respect de la loi, les avis restent partagés au sein de la population.
« Nous saluons cette décision de la Cour d’appel. Ce sont des jeunes qui ont commis une erreur, mais ils méritaient une seconde chance. Ce qui est arrivé à leur camarade est déjà une épreuve difficile pour toute la communauté. Nous espérons qu’ils tireront les enseignements de cette expérience et qu’ils pourront poursuivre leurs études dans de meilleures conditions », témoigne un citoyen rencontré au centre-ville de Kindia.
Pour Moussa Sylla, cette affaire doit néanmoins rappeler l’importance de préserver l’intégrité des examens nationaux. « La fraude est une infraction et la loi doit être appliquée. Les examens doivent garder toute leur crédibilité. Nous regrettons profondément le décès de Mamadou Djouma Bah, mais cette situation doit également servir d’avertissement à tous les candidats. La réussite doit être le fruit du travail, de l’effort et du mérite », estime-t-il.
D’autres citoyens soulignent que la lutte contre la fraude ne devrait pas uniquement concerner les candidats. Ils appellent également à la responsabilisation des surveillants, encadreurs et autres acteurs impliqués dans l’organisation des examens.
« Si un surveillant facilite la fraude ou ferme volontairement les yeux sur des irrégularités, il doit répondre de ses actes au même titre que les candidats. La crédibilité des examens dépend de l’intégrité de tous les acteurs du système », affirme Ismaël Soumah.
Au-delà de la décision de justice, plusieurs personnes interrogées invitent les autorités à tirer les enseignements de cette affaire afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise.
« Il faut continuer à sanctionner la fraude, mais il faut aussi mettre en place des mécanismes plus adaptés pour accompagner les jeunes élèves. Cette tragédie doit pousser les autorités, les parents d’élèves et les acteurs de l’éducation à renforcer la sensibilisation pour que les examens se déroulent dans un climat de responsabilité, de sérénité et d’équité », plaide Amadou Cissé.
En attendant le retour des six candidats à Kindia, la décision de la Cour d’appel continue d’alimenter les discussions. Pour certains, elle constitue une décision de justice empreinte d’humanité ; pour d’autres, elle ne doit pas affaiblir la lutte contre la fraude, indispensable à la préservation de la crédibilité des examens nationaux.
Une certitude demeure toutefois : le décès de Mamadou Djouma Bah restera le moment le plus douloureux de cette affaire. Pour de nombreux citoyens, ce drame doit amener les autorités, les acteurs du système éducatif et l’ensemble de la société à trouver un équilibre entre la rigueur dans l’application de la loi, le respect des droits des justiciables et la protection de l’avenir de la jeunesse guinéenne.

