
Cette infrastructure vise à désenclaver plusieurs localités du nord du pays, à faciliter la circulation des personnes et des biens et à renforcer les échanges économiques dans une zone à fort potentiel agricole, pastoral et minier. Les travaux sont prévus pour une durée de 36 mois.
Un projet présenté comme un levier de transformation économique
« Cette route ne reliera pas uniquement des localités. Elle rapprochera les producteurs des marchés, facilitera les échanges commerciaux, réduira les coûts logistiques et favorisera les investissements privés », a-t-elle déclaré.
La ministre a indiqué que ce projet s’inscrit dans la vision du programme Simandou 2040, qui fait des infrastructures un moteur de transformation économique et de création de richesses.
Elle a également estimé que cette opération constitue un signal positif envoyé aux investisseurs internationaux, saluant l’engagement de Bank of Africa United Kingdom et de l’Islamic Corporation for the Insurance of Investment and Export Credit (ICIEC), qui interviennent pour la première fois en Guinée.
Pour Mariama Ciré Sylla, cette confiance est le reflet des progrès réalisés par le pays en matière de gouvernance économique, de discipline budgétaire, de transparence et de gestion de la dette publique.
La ministre a assuré que le gouvernement entend poursuivre sa stratégie consistant à mobiliser des financements destinés exclusivement à des investissements productifs, tout en veillant à préserver la soutenabilité de la dette.
Elle a enfin insisté sur la nécessité d’une exécution rigoureuse du projet, dans le respect des délais, des coûts et des exigences de transparence.
Le ministre des Infrastructures et des Travaux publics, Facinet Sylla, a qualifié cette signature de « matérialisation » de la vision portée par le président de la République à travers le programme Simandou 2040. Au-delà du financement, il a mis en exergue l’impact attendu de cette route sur des préfectures qui, selon lui, n’ont jamais bénéficié de routes bitumées depuis l’indépendance du pays.
« Tougué, Koubia et Bafing connaîtront enfin le goudron après plus de soixante ans d’indépendance », a-t-il affirmé.
Le ministre a rappelé que le gouvernement reste attaché au principe d’un endettement responsable, tout en défendant les investissements dans les infrastructures routières qu’il considère comme des moteurs de croissance.
Selon lui, chaque franc investi dans les routes contribuera à accroître le produit intérieur brut, à générer davantage de recettes publiques et à améliorer l’accès des populations aux services sociaux, notamment la santé.
Facinet Sylla a également rendu hommage à la coopération maroco-guinéenne, rappelant que le Maroc avait maintenu ses liaisons aériennes avec la Guinée durant l’épidémie d’Ebola, alors que de nombreux pays avaient fermé leurs frontières.
S’adressant à l’entreprise chargée des travaux, la Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE), il a appelé au respect des standards de qualité et des délais d’exécution. Le ministre a toutefois précisé que l’entrée en vigueur de l’accord reste soumise à sa ratification par le nouveau Parlement.
Un partenariat sud-sud mis en avant
Le directeur général de Bank of Africa United Kingdom, Said Adren, a présenté ce financement comme l’illustration d’un partenariat sud-sud entre une institution financière panafricaine et la République de Guinée.
Selon lui, la banque entend accompagner les projets structurants susceptibles de créer de la valeur et de renforcer l’attractivité économique du pays.
Il a rappelé que cette initiative s’inscrivait dans les relations historiques entre la Guinée et le Maroc, fondées sur le respect mutuel et la coopération.
CSE promet de respecter les délais
Pour sa part, le président-directeur général de la Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE), Oumar Sow, a exprimé son émotion de revenir en Guinée plus de trois décennies après y avoir dirigé les activités du groupe.
Il a rappelé que le dernier chantier de son entreprise dans le pays c’était l’autoroute Tombo-Gbessia. Reconnaissant que ce projet avait souffert de retards liés aux paiements, il a estimé que le montage financier actuel devrait permettre une exécution plus fluide.
« Avec le financement de Bank of Africa, il ne devrait pas y avoir de retard de paiement. Nous sommes motivés pour livrer cet ouvrage dans les délais et avec la qualité requise », a-t-il assuré.
Le Maroc salue une nouvelle étape de la coopération bilatérale
Présent à la cérémonie, l’ambassadeur du Royaume du Maroc en Guinée, Issam Taib, a salué la concrétisation d’un projet qu’il suit depuis plusieurs années.
Selon le diplomate, cette opération marque une nouvelle phase dans la coopération économique entre le Maroc et la Guinée, caractérisée par un accompagnement financier renforcé des projets d’infrastructures guinéens.
Il a également exprimé le souhait que cette première opération de Bank of Africa ouvre la voie à une implication plus importante des entreprises marocaines dans les projets de développement de la Guinée.
Pour Issam Taib, cette signature illustre la capacité des deux pays à bâtir des partenariats pragmatiques au service d’un co-développement africain, en cohérence avec les orientations des autorités guinéennes et marocaines.
Avec ce financement de 300 millions d’euros, le gouvernement guinéen entend accélérer le désenclavement du corridor nord du pays, présenté comme l’un des axes prioritaires de la stratégie nationale de développement des infrastructures.

