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La source de Zali en péril : le berceau légendaire de Nzérékoré appelle à une mobilisation urgente

Cachée au cœur de la capitale forestière, entre la prison civile, l’hôpital régional, des habitations et des garages, la source de Zali continue de couler dans un silence presque total. Pourtant, ce modeste cours d’eau est bien plus qu’une simple source naturelle : il est un haut lieu de mémoire, intimement lié à la naissance de N’zérékoré et à l’histoire de son fondateur, Goekouya.

Selon les récits transmis de génération en génération par les gardiens de la tradition, c’est en ce lieu que Goekouya aurait retrouvé la santé alors qu’il souffrait d’une grave gangrène. Les versions diffèrent sur les circonstances exactes de cette guérison. Certains affirment qu’il se lavait avec l’eau de cette rivière jusqu’à la disparition de sa plaie.

D’autres soutiennent qu’il appliquait directement cette eau sur la partie infectée. Mais tous les témoignages convergent sur un point essentiel : l’eau de cette source lui servit de remède.

C’est de cette histoire que serait née l’appellation « Zali Kolè », expression qui signifie en Kpèlè « près de mon remède ». Au fil du temps, cette dénomination s’est imposée comme un symbole de guérison, de résilience et d’attachement à la terre qui allait devenir Nzérékoré.

Aujourd’hui pourtant, ce patrimoine historique et culturel se trouve dans une situation préoccupante. La source est progressivement encerclée par l’urbanisation. Les constructions, les garages, les activités humaines et le manque d’entretien fragilisent un site dont la valeur dépasse largement le cadre local. Les déchets, les eaux de ruissellement et les diverses pressions exercées sur son environnement constituent autant de menaces pour son équilibre écologique et sa préservation.

L’abandon progressif de ce lieu pose une question fondamentale : comment une ville peut-elle préserver son identité si les sites qui racontent son histoire disparaissent peu à peu ?

Dans de nombreux pays, les lieux associés aux récits fondateurs sont protégés, aménagés et valorisés comme des patrimoines historiques et touristiques. Ils deviennent des espaces de mémoire, d’éducation et d’attractivité culturelle. La source de Zali mérite, elle aussi, une telle reconnaissance.

Les autorités locales, les services de l’environnement, le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, les collectivités territoriales ainsi que les partenaires de la préservation du patrimoine gagneraient à unir leurs efforts pour sauver ce site avant qu’il ne soit trop tard. Son classement comme patrimoine local, son assainissement, la création d’un périmètre de protection et l’installation d’une signalétique historique constitueraient des premières étapes concrètes vers sa sauvegarde.

Préserver la source de Zali, ce n’est pas seulement protéger une rivière. C’est conserver un témoignage vivant de la mémoire collective de Nzérékoré, transmettre aux générations futures une partie de leur histoire et rappeler que le développement urbain ne doit jamais se faire au détriment du patrimoine.

Car lorsqu’une source historique s’éteint sous l’effet des actions humaines, ce n’est pas seulement de l’eau qui cesse de couler. C’est une page entière de l’histoire d’un peuple qui risque de disparaître.

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