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Dubréka : un faux procureur écope de 2 ans de prison et d’une lourde amende de 50 millions fg

Le Tribunal de première instance (TPI) de Dubréka a rendu son verdict ce mardi 21 juillet 2026 dans l’affaire opposant la justice à Ismaël Sylla, poursuivi pour usurpation de titre, escroquerie, abus de confiance et stellionat.

À l’issue des débats, le tribunal correctionnel l’a reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés et l’a condamné à deux ans d’emprisonnement ferme, ainsi qu’au paiement de 50 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts au profit de la partie civile, Mme A. S.

Le substitut du procureur près le TPI de Dubréka, Cécé Roger Kolie, a indiqué que quinze affaires étaient inscrites au rôle de cette audience, mais que celle concernant Ismaël Sylla était particulièrement suivie par le public.

« Le tribunal correctionnel a déclaré M. Ismaël Sylla coupable des faits qui lui sont reprochés. Pour la répression, il l’a condamné à deux ans d’emprisonnement. Au regard des préjudices subis par la victime dans cette procédure, Mme A. S., il devra également lui verser 50 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts », a expliqué le magistrat.

Le représentant du ministère public a toutefois rappelé que le parquet avait requis une peine plus lourde, notamment en raison des antécédents judiciaires du prévenu.

« Nous avions requis cinq ans d’emprisonnement, parce qu’il s’agit d’une personne qui avait déjà été condamnée par le Tribunal de première instance de Kaloum. Il comparaissait donc une nouvelle fois devant une juridiction. Même si la peine prononcée est de deux ans, le ministère public se félicite de cette décision », a déclaré Cécé Roger Kolie.

Selon le parquet, Ismaël Sylla est détenu dans le cadre de cette procédure depuis le 25 juin 2025. Le ministère public a par ailleurs souhaité que cette décision ne fasse pas l’objet d’un recours en appel.

Un faux magistrat aux multiples identités

Pour rappel, selon les faits présentés à la barre, Ismaël Sylla aurait usurpé plusieurs fonctions judiciaires, se présentant notamment comme procureur de la République, mais aussi comme ancien premier président de la Cour suprême et ancien procureur près le Tribunal de première instance de Dubréka.

C’est en se prévalant de ces fausses qualités qu’il aurait gagné la confiance de Mme A. Sow, qui venait de perdre un procès portant sur des parcelles de terrain. Il lui aurait promis d’obtenir l’annulation de la procédure et une modification de la décision judiciaire en sa faveur.

L’accusation soutient également que le prévenu se déplaçait avec des gardes du corps pour renforcer sa crédibilité. Il aurait consommé plusieurs repas dans le restaurant de la victime avant de repartir avec des vêtements provenant de sa boutique, d’une valeur estimée à 15 millions de francs guinéens, sans jamais s’acquitter du paiement.

Il aurait enfin obtenu de Mme A. Sow une somme de 5 millions de francs guinéens, qu’il aurait présentée comme nécessaire au règlement de démarches liées à son dossier judiciaire.

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