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Affaire 46 milliards de Matoto : le parquet requiert la relaxe de l’ancien receveur communal

L’affaire impliquant Mamadou Saïdou Baldé, ancien receveur communal du Trésor de Matoto, est entrée dans sa phase décisive devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Au terme des plaidoiries, les différentes parties ont campé sur des positions diamétralement opposées, laissant désormais à la Cour le soin de trancher.

Alors que l’État guinéen persiste dans ses accusations, son conseil, Me Amadou Babaein Camara, estime que les éléments versés au dossier établissent la responsabilité de l’ancien comptable public. Il a demandé à la Cour de le déclarer coupable des faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite, de faux en écriture publique et de corruption d’agents publics.

Sur le plan civil, l’État réclame également le remboursement de 46,888 milliards de francs guinéens, correspondant au préjudice principal allégué, ainsi que 30 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

À contre-courant de cette position, le substitut du procureur spécial près la CRIEF, Biwon Millimouno, a requis la confirmation pure et simple du jugement rendu en première instance, qui avait relaxé Mamadou Saïdou Baldé.

Pour étayer son réquisitoire, le magistrat a expliqué que les fonds destinés au paiement des pensions civiles et militaires figurent dans les documents comptables officiels, notamment le livre-journal, les bordereaux de transmission et les rapports de la Cour des comptes. Il a également soutenu que la somme de 272 millions de francs guinéens, également contestée dans cette affaire, a bien été reversée au Trésor public, en s’appuyant sur des pièces bancaires produites au dossier.

Les avocats de la défense ont, eux aussi, sollicité la confirmation du jugement de juillet 2025, faisant valoir qu’aucun élément nouveau n’est venu remettre en cause la décision ayant innocenté leur client.

À l’issue des débats, la chambre des appels a mis son arrêt en délibéré pour le 28 juillet 2026.

Une affaire née dans le contexte post-5 septembre 2021

Cette procédure trouve son origine dans les opérations financières effectuées à la fin de l’année 2021, après le gel des comptes publics intervenu à la suite des événements du 5 septembre. Malgré cette mesure, des dérogations avaient été accordées afin d’assurer la continuité des dépenses jugées prioritaires, notamment le paiement des salaires et des pensions.

C’est dans ce cadre que Mamadou Saïdou Baldé avait autorisé le décaissement de près de 47 milliards de francs guinéens pour le paiement de trois mois de pensions civiles et militaires, ainsi qu’une enveloppe d’environ 272 millions de francs guinéens destinée au fonctionnement de la commune de Matoto.

Ces mouvements financiers avaient conduit l’Agent judiciaire de l’État à engager des poursuites en juin 2022. Trois ans plus tard, la chambre de jugement de la CRIEF avait toutefois estimé que les infractions reprochées à l’ancien receveur communal n’étaient pas suffisamment établies et avait prononcé sa relaxe.

Refusant ce verdict, l’État guinéen avait immédiatement interjeté appel, ouvrant ainsi un nouveau chapitre dans cette affaire, dont l’issue sera connue le 28 juillet prochain.

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