Site icon Guinéenews©

« Orange a investi plus de 6 000 milliards GNF depuis 2021 » : Abdoulaye Barry appelle à un dialogue pour moderniser les télécommunications en Guinée

Au lendemain des récentes déclarations du ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique sur la qualité des services de l’opérateur Orange Guinée, Abdoulaye Barry, secrétaire général du Syndicat Orange Guinée, est sorti de son silence pour apporter ce qu’il qualifie de « clarifications » sur la situation de l’entreprise et les défis auxquels le secteur est confronté.

S’exprimant ce mercredi 15 juillet, le responsable syndical a affirmé qu’il était important de replacer le débat dans son contexte, afin de permettre à l’opinion publique de mieux comprendre les enjeux liés au développement des télécommunications en Guinée.

Selon Abdoulaye Barry, Orange Guinée a investi plus de 6 000 milliards de francs guinéens entre 2021 et aujourd’hui. Il précise que ces données peuvent être vérifiées auprès du groupe Orange. Le secrétaire général du Syndicat Orange Guinée indique avoir participé, avant sa prise de parole, à une réunion du Comité Groupe Monde d’Orange, réunissant les représentants syndicaux internationaux et la direction générale du groupe, notamment Mme Christelle, réunion au cours de laquelle, les performances et les investissements des différentes filiales auraient été présentés.

En sa qualité de membre du Bureau exécutif mondial du Comité Groupe Monde, il affirme disposer d’informations détaillées sur les investissements réalisés par l’entreprise dans chaque pays.

Abdoulaye Barry souligne également qu’Orange Guinée dispose actuellement de 3 523 sites de télécommunications, correspondant aux antennes du réseau. Selon lui, l’opérateur assure désormais une couverture de l’ensemble des préfectures et sous-préfectures du pays et poursuit son extension vers plusieurs districts, certains étant déjà desservis.

Concernant les critiques portant sur la qualité du réseau, le responsable syndical estime qu’il est nécessaire d’expliquer les contraintes techniques auxquelles sont confrontés les opérateurs. Il rappelle qu’en Guinée, les appels téléphoniques, les connexions Internet et les transactions Orange Money transitent principalement par les mêmes infrastructures radio, ce qui peut entraîner une saturation du réseau.

Pour y remédier, il plaide pour un développement du FTTH (Fiber To The Home), une technologie permettant de raccorder directement les domiciles à la fibre optique. Selon lui, des pays de la sous-région, comme le Mali, afficheraient un taux de pénétration du FTTH d’environ 40 %, tandis que la Guinée se situerait autour de 2 %.

A ses yeux, un déploiement plus important de cette technologie permettrait de désengorger les antennes, d’améliorer la qualité des communications et d’offrir aux ménages une connexion haut débit capable d’alimenter simultanément plusieurs téléphones, ordinateurs et téléviseurs, pour un abonnement qui pourrait être inférieur à 300 000 francs guinéens par mois chez Orange. Il soutient par ailleurs que les dispositions de la loi L018 accorderaient aux opérateurs la possibilité de développer davantage ce type d’infrastructures.

Le secrétaire général du Syndicat Orange Guinée a également évoqué la Taxe sur la Consommation Téléphonique (TCT), estimant qu’une réflexion sur son maintien serait aujourd’hui opportune. Selon lui, cette taxe, instaurée dans un contexte exceptionnel lié à l’épidémie d’Ebola, représente une charge supplémentaire pour les consommateurs, qui s’acquittent déjà de la TVA lors de l’achat des unités de communication. Il estime qu’une révision de cette disposition pourrait contribuer à réduire le coût des services de télécommunications pour les usagers.

En conclusion, Abdoulaye Barry appelle les autorités à instaurer un véritable cadre permanent de concertation réunissant le ministère, les opérateurs et les partenaires sociaux. Selon lui, un dialogue régulier permettrait d’examiner les difficultés techniques, réglementaires et économiques du secteur, de favoriser l’application consensuelle des textes en vigueur et de définir des solutions durables dans l’intérêt des consommateurs. Le responsable syndical estime enfin qu’une approche concertée contribuerait à améliorer durablement la qualité des services de télécommunications en Guinée et à accompagner la transformation numérique du pays.

Quitter la version mobile