
Ce travail d’envergure a nécessité le déploiement sur le terrain d’au moins 230 agents enquêteurs à travers les 33 préfectures du pays. Après une enquête rigoureuse de six mois, les équipes ont cartographié le paysage agricole guinéen : 1 172 574 ménages agricoles repérés ;15 294 ménages échantillonnés ; 8 344 182 individus recensés au sein de ces ménages agricoles.
Cette enquête menée par l’ANASA s’appuie sur la base de sondage du Recensement national de l’agriculture et de l’élevage (RNAE 2020-2022). Les données générées ont été rigoureusement validées par l’Institut national des statistiques (INS).
En tant que partenaire financier, le représentant résident de la Banque mondiale en Guinée, Issa Diaw, a salué la publication de ce rapport. Il a rappelé que cet outil moderne de collecte de données a été intégralement financé par son institution à travers le PDACG et le PHASAOC avec l’appui technique de la FAO.
«Ces données statistiques détaillées arrivent à un moment crucial, marqué par la validation du nouveau cadre de partenariat 2027-2033 en soutien au programme national Simandou 2040, où l’agriculture se positionne comme un pilier de la diversification économique et de la création d’emplois. Elles permettront également de guider le déploiement de la phase 2 du PDACG, dotée de 116 millions de dollars. Nous lançons un appel à l’action pour moderniser les exploitations et sécuriser les espaces de production, tout en réaffirmant le plein engagement de la Banque mondiale à soutenir le gouvernement, le développement des compétences et l’agribusiness privé en Guinée », Issa Diaw, Représentant résident de la Banque mondiale en Guinée.
Pour Oumar Barry, Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, une bonne planification découle impérativement de statistiques fiables.
« Nous sommes engagés dans le programme Simandou 2040, dont le pilier numéro un est l’agriculture et l’agro-industrie. Pour atteindre les objectifs qui nous sont assignés, le ministère a besoin de statistiques fiables. Nous allons donc transformer ce rapport en un « instrument de guerre ». Pourquoi ? Parce que nous devons impacter chaque segment. Nous allons mener un travail déconcentré et technique pour que toutes les directions, jusqu’aux villages les plus reculés, puissent bénéficier d’un appui, d’un renforcement de capacités et de la mécanisation. Ces statistiques nous montrent en effet que les populations les plus isolées ne profitent pas encore assez de cette mécanisation», Oumar Barry, Secrétaire général du ministère de l’Agriculture.
Le directeur général de l’ANASA, Sidiki Cissé, a quant à lui rappelé que ces résultats constitueront désormais la boussole des décideurs.
« L’Enquête agricole annuelle 2025-2026 est l’outil dont les décideurs avaient besoin pour identifier précisément ce qui va et ce qui ne va pas dans l’agriculture guinéenne. Elle nous offre un repère pour savoir d’où nous venons, ce que nous possédons et ce que nous recherchons. Désormais, les partenaires techniques, financiers et les ministres disposent du levier nécessaire pour développer le secteur. C’est le nouveau repère du pays. Notre ministre de l’Agriculture doit maintenant s’approprier ces chiffres pour identifier les points faibles à corriger et renforcer nos points forts», Sidiki Cissé, Directeur général de l’ANASA.
Présent à l’événement, le représentant du Premier ministre, Daouda Kamissoko, a souligné la valeur humaine et économique de ces données, qui mettent en lumière la réalité des exploitations familiales.
« Derrière les données qui nous sont présentées aujourd’hui, se trouvent des millions de femmes et d’hommes qui vivent de l’agriculture familiale. Ces exploitations agricoles constituent le socle de notre production nationale et assurent l’essentiel de notre alimentation. Elles créent des emplois, font vivre nos communautés rurales et participent activement à la stabilité économique et sociale de notre pays.
Cette enquête marque une avancée majeure. Elle permettra de mieux connaître les caractéristiques de nos exploitations familiales, leur niveau de production, leurs besoins de financement, leurs performances et les spécificités des zones agricoles. Ces informations fournissent au gouvernement une base solide pour orienter les investissements, renforcer les chaînes de valeur, améliorer les mécanismes d’accompagnement des producteurs, promouvoir l’innovation et accroître durablement la productivité du secteur. », Daouda Kamissoko, Ministre, Directeur de cabinet à la Primature.

