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Affaire Elhadj Nouhou Diallo : le réceptionniste de la clinique brise le silence et nie toute complicité

Le tribunal criminel de Dixinn a poursuivi, ce jeudi 9 juillet 2026, l’examen du dossier impliquant Elhadj Nouhou Diallo, poursuivi pour viol sur mineure et complicité d’avortement. Le fondateur d’école, placé sous contrôle judiciaire, était une nouvelle fois absent pour des raisons de santé. En son absence, le tribunal a entendu son coaccusé, Raphaël Fangamou, avant de recueillir la déposition de l’oncle de la victime présumée.

Également poursuivi dans cette affaire, Raphaël Fangamou, réceptionniste dans la clinique où la jeune fille aurait été prise en charge, a rejeté toute implication dans les faits. Il a expliqué que son rôle consistait uniquement à enregistrer les patients et à les orienter vers le médecin, Néma Doré, troisième accusé dans le dossier, actuellement en fuite.

Selon ses déclarations, la jeune fille s’est rendue à plusieurs reprises à la clinique pour consulter le médecin. Il affirme n’avoir participé à aucun acte médical et dit ignorer ce qui s’est passé entre le praticien et la patiente lors des consultations. Il soutient également n’avoir jamais assisté à un avortement ni administré un quelconque traitement à la victime présumée. Il a enfin indiqué avoir été interpellé après avoir été contacté par une personne qui souhaitait le rencontrer au sujet d’un téléphone portable laissé par la jeune fille à la clinique.

Après cette audition, l’avocat de la partie civile a demandé que la victime soit entendue en chambre du conseil afin de préserver sa vie privée. Une requête à laquelle le ministère public ne s’est pas opposé. La défense a, de son côté, souhaité que la procédure se poursuive sans renvoi. Le président du tribunal a rappelé que seule l’audition de la victime se déroulerait à huis clos, tandis que les audiences criminelles resteraient publiques.

Le tribunal a ensuite entendu Abdoulaye Bah, oncle de la jeune fille. Revenant sur les circonstances ayant conduit au dépôt de la plainte, il a affirmé que sa nièce, âgée de 17 ans au moment des faits, fréquentait le même établissement scolaire que la fille d’Elhadj Nouhou Diallo. Selon lui, l’accusé aurait profité de cette proximité pour entrer progressivement en contact avec l’adolescente, avant de lui promettre de l’aider à poursuivre ses études après son échec au Certificat d’études élémentaires.

Toujours d’après son témoignage, la jeune fille aurait ensuite été conduite dans un motel sous prétexte d’un rendez-vous avec la fille du fondateur. Il soutient que sa nièce aurait consommé une boisson dans laquelle un produit soporifique aurait été introduit à son insu, avant de perdre connaissance. C’est dans cet état, affirme-t-il, qu’elle aurait été victime d’une agression sexuelle.

L’oncle de la victime a également déclaré que, lorsque la grossesse aurait été découverte, un avortement aurait été pratiqué dans une clinique. Selon lui, cette intervention se serait soldée par de graves complications médicales, obligeant la jeune fille à subir une intervention chirurgicale. Il a précisé que cette dernière était présente à l’audience.

À l’issue de ces dépositions, le juge Mohamed Sangaré a ordonné que la victime soit entendue en chambre du conseil. L’affaire a ensuite été renvoyée au 16 juillet prochain pour la poursuite des débats, avant les éventuelles réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats.

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