La pénurie d’essence qui touche la ville de Kindia depuis plus de 48 heures s’aggrave de manière préoccupante. Plusieurs stations-service restent fermées, faute d’approvisionnement, obligeant les usagers à se tourner vers le marché parallèle où le litre de carburant se négocie désormais entre 25 000 et 30 000 francs guinéens, soit très largement au-dessus du prix officiel.
Depuis deux jours, automobilistes, motocyclistes et autres usagers parcourent la ville à la recherche d’une station ouverte, sans succès. Dans plusieurs quartiers, les pompes sont à l’arrêt, plongeant la population dans une situation de plus en plus difficile.
Dans la soirée de ce samedi 4 juillet 2026, notre rédaction a rencontré un conducteur de moto contraint de pousser son engin après une panne sèche. Visiblement éprouvé, Moustapha Sylla raconte sa mésaventure : « J’ai poussé ma moto pendant plus de 30 minutes parce que je n’avais plus de carburant. J’ai fait le tour des stations du centre-ville sans trouver la moindre ouverte. Finalement, j’ai été obligé d’acheter un litre au marché noir à 30 000 francs guinéens. C’est très difficile pour nous. Nous demandons aux autorités d’agir rapidement », témoigne-t-il.
Même désarroi chez les chauffeurs de taxi, dont l’activité est fortement perturbée. « Nous perdons énormément de temps à chercher du carburant. Et quand on en trouve, le litre coûte entre 25 000 et 30 000 francs au marché noir. À ce prix, il devient presque impossible de travailler normalement », explique un conducteur.
Les commerçantes ne sont pas épargnées. Au grand marché de Kindia, une vendeuse affirme que la hausse du carburant commence déjà à impacter les prix du transport. « Les transporteurs demandent plus cher parce qu’ils achètent le carburant à des prix élevés. Cela complique l’acheminement de nos marchandises et risque de provoquer une hausse des prix pour les consommateurs », alerte-t-elle.
Cette pénurie commence ainsi à peser lourdement sur les activités économiques et les déplacements des habitants. En l’absence d’un approvisionnement régulier, le marché noir profite de la forte demande pour imposer des tarifs exorbitants.
Pour l’heure, les causes exactes de cette rupture d’approvisionnement n’ont pas été officiellement communiquées. Dans l’attente d’un retour à la normale, les habitants de Kindia appellent les autorités à intervenir rapidement afin de mettre fin à cette crise qui perturbe fortement leur quotidien.

