Les résultats de la 6ème Enquête Démographique et de Santé (EDS-VI) ont été officiellement rendus publics ce jeudi 2 juin, dans un réceptif hospitalier de Conakry. Outil stratégique pour le pilotage des politiques publiques, ce rapport dresse un état des lieux sans complaisance de la situation sanitaire et sociale du pays, en plein déploiement du programme « Simandou 2040».
Pour l’Institut National de la Statistique (INS), cette enquête s’inscrit dans un contexte national de transformation profonde. Le Directeur général de l’INS l’a rappelé dans son intervention. « Comme vous le savez, la sixième enquête démographique et de santé a été réalisée dans un contexte marqué par la mise en œuvre du programme de développement socio-économique durable responsable Simandou 2040 »dont l’un des piliers est la santé et le bien-être, déclare Dr Makan Doumbouya. Insistant sur l’impératif de « la mise en œuvre du programme Simandou 2040 avec succès et le suivi des engagements nationaux et internationaux auxquels notre pays a souscrit nécessitent de disposer d’informations fiables et actualisées ».
En termes d’innovation enfin, l’EDS-VI révèle une prévalence de 12 % de l’hypertension chez les femmes contre 16 % chez les hommes, de 18 % du diabète chez les femmes contre 19 % chez les hommes, ainsi qu’une prévalence de l’hépatite B de 7 % chez les femmes et 9 % chez les hommes ».
L’exigence de résultats du gouvernement
Pour la ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Khaïté Sall, ces chiffres sont le reflet d’investissements qui commencent à porter leurs fruits. « À la lumière des résultats de l’EDS-VI, nous mesurons avec satisfaction que nos investissements partagés commencent à donner vie à cette vision (Simandou 2040) », a-t-elle déclaré, soulignant que « la mortalité infantile a amorcé un recul encourageant, fléchissant de 67 % en 2018 à 61 % en 2025 » et que « la mortalité infanto-juvénile a baissé de manière significative, passant de 111 ‰ à 95 ‰ ».
Cependant, la ministre refuse tout triomphalisme. « Toutefois, pour être pleinement en phase avec les exigences du Pilier 5 de Simandou 2040, qui ambitionne une Couverture Santé Universelle et l’émergence de la Guinée comme une destination médicale de référence, nous devons redoubler d’efforts. L’EDS-VI nous montre précisément les axes à consolider : nous devons accélérer l’équité territoriale pour que les populations des zones les plus reculées bénéficient de soins de même qualité qu’à Conakry, intensifier nos programmes de santé de la reproduction, et agir sur l’ensemble des déterminants sociaux de la santé ».
C’est avec fermeté d’ailleurs qu’elle déclare que « ces données ne vont pas dormir dans des tiroirs». Car «pour le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, elles constituent un engagement sacré». Avant de donner aux cadres de son ministère «une consigne ferme» selon laquelle, «chaque décision, chaque affectation de budget, chaque déploiement de personnel doit désormais être guidé par une obsession unique : sauver des vies et améliorer l’accueil et la qualité des soins dans nos structures ».
« La preuve par les données »
Le ministre du Plan, de la Coopération Internationale et du Développement, Ismael Nabé, a abondé dans le même sens, rappelant la philosophie de cette démarche. « En publiant aujourd’hui les résultats de cette sixième Enquête Démographique et de Santé, la Guinée fait le choix de la transparence, de la rigueur scientifique et de la planification fondée sur les preuves », affirme-t-il.
Une feuille de route ambitieuse, résumée par une assertion plus qu’illustrative. « Les nations qui réussissent ne sont pas celles qui disposent uniquement des plus grandes richesses naturelles. Ce sont celles qui savent produire les meilleures décisions grâce aux meilleures données. »
A noter que la cérémonie de présentation a réuni un parterre d’autorités, dont le ministre directeur de cabinet à la primature (représentant le Premier ministre), plusieurs membres du gouvernement, ainsi que les représentants de la Banque mondiale et du système des Nations Unies en Guinée.

