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Inclusion financière des exploitants miniers artisanaux : la Guinée veut structurer un secteur clé de son économie

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Les autorités guinéennes, avec l’appui de leurs partenaires, ont franchi une nouvelle étape dans la réforme de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAP). Réunis ce mardi 30 juin 2026 à Conakry, les différents acteurs concernés ont procédé à la validation de la Stratégie nationale d’inclusion financière des exploitants miniers artisanaux, un document destiné à favoriser la formalisation du secteur, l’accès au financement et l’adoption de pratiques minières plus responsables.

Organisé dans le cadre du projet Planet Gold Guinée, l’atelier a réuni les cadres administratifs et privés évoluant dans le secteur.

Dans son intervention, le chef de cabinet du ministère de l’Environnement et du Développement durable, Moustapha Le Grand Sylla, a rappelé que l’exploitation minière artisanale occupe une place importante dans l’économie nationale, aussi bien par les revenus qu’elle procure aux ménages que par sa contribution au développement des communautés rurales.

Toutefois, a-t-il souligné, ce secteur demeure largement informel, limitant ainsi l’accès des exploitants aux services financiers, à l’épargne, au crédit, aux assurances et aux moyens de paiement sécurisés. Une situation qui freine leur professionnalisation et les expose à des risques économiques, sociaux, environnementaux et sécuritaires.

Selon lui, la stratégie élaborée avec l’appui du projet Planet Gold Guinée et du Centre africain pour la santé environnementale (CASE) vise précisément à lever ces obstacles en facilitant l’accès des acteurs de l’EMAP à des services financiers adaptés, tout en accompagnant la formalisation du secteur et la promotion de pratiques d’exploitation plus durables.

Moustapha Le Grand Sylla a insisté sur le fait que cet atelier ne devait pas se limiter à l’examen d’un document technique, mais permettre de construire un consensus national autour d’une vision commune, d’un cadre d’action opérationnel et d’engagements concrets.

Il a également rappelé que cette initiative s’inscrit dans les engagements internationaux de la Guinée, notamment la mise en œuvre de la Convention de Minamata sur le mercure, en favorisant une transition vers des techniques d’exploitation moins dépendantes de cette substance toxique.

Prenant la parole, le coordonnateur du projet Planet Gold Guinée, Ibrahima Kalil Doumbouya, a expliqué que l’exploitation minière artisanale constitue depuis longtemps une source essentielle de revenus pour des milliers de familles guinéennes et un moteur des économies rurales.

Malgré cette importance, le secteur reste confronté à plusieurs difficultés, notamment l’informalité, la faible organisation des acteurs, les défis environnementaux et un accès très limité aux services financiers. À cela s’ajoute, selon lui, un manque de transparence qui décourage les établissements financiers de proposer des produits adaptés aux réalités des exploitants artisanaux.

C’est pour répondre à ces défis que le projet Planet Gold Guinée a accompagné l’élaboration de cette stratégie nationale d’inclusion financière. Le document, a-t-il indiqué, dépasse le simple cadre d’un document de référence. Il constitue une vision commune destinée à rapprocher progressivement les exploitants miniers des institutions financières, améliorer la traçabilité des flux financiers et de la production aurifère, tout en encourageant des pratiques plus responsables sur les plans économique, social et environnemental.

Le coordonnateur a précisé que cette stratégie est le fruit d’un processus participatif ayant impliqué les administrations publiques, les collectivités locales, les banques, les organisations de la société civile, les partenaires techniques ainsi que les exploitants eux-mêmes dans plusieurs préfectures du pays.

Réduire le mercure et promouvoir une exploitation responsable

Au nom du Centre africain pour la santé environnementale (CASE), son représentant pays, Yao Julien, a rappelé que depuis 2023, son organisation travaille en étroite collaboration avec le ministère de l’Environnement et du Développement durable dans le cadre du projet Planet Gold Guinée, mis en œuvre à Mandiana, Siguiri et Kouroussa.

Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et mis en œuvre avec le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), le projet poursuit plusieurs objectifs, notamment la réduction, voire l’élimination, de l’utilisation du mercure dans l’exploitation artisanale de l’or.

Il vise également la promotion de technologies sans mercure, la sensibilisation des communautés aux dangers de cette substance toxique ainsi que l’amélioration de l’accès aux ressources financières en faveur d’une exploitation minière formalisée et durable.

Selon lui, la stratégie nationale d’inclusion financière représente une étape décisive pour mieux structurer le secteur, renforcer sa formalisation et offrir aux exploitants artisanaux de nouvelles perspectives de développement économique.

Le représentant du CASE a réaffirmé l’engagement de son institution à soutenir toutes les initiatives conciliant développement économique, protection des populations, préservation de l’environnement et amélioration des conditions de vie des communautés minières.

À l’issue de cette rencontre, les participants étaient appelés à examiner les différentes recommandations, à valider les axes stratégiques ainsi que les mécanismes de mise en œuvre et de suivi, avec l’ambition de doter la Guinée d’un cadre opérationnel favorisant une exploitation minière artisanale plus inclusive, plus formelle et davantage respectueuse de l’environnement.

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