Le Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn, délocalisé dans l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry, a bouclé ce lundi 29 juin 2026 les réquisitions et les plaidoiries dans le procès du colonel Bienvenu Lamah, poursuivi dans le cadre du second volet des massacres du 28 septembre 2009. À l’issue des débats, le président du tribunal a mis l’affaire en délibéré et fixé le prononcé du verdict au 27 juillet 2026.
Lors de sa dernière déclaration devant la juridiction, le colonel Bienvenu Lamah a de nouveau clamé son innocence, soutenant n’avoir joué aucun rôle dans les événements du 28 septembre 2009. L’officier de la gendarmerie nationale s’est dit « tranquille » et confiant envers la justice, tout en affirmant n’avoir jamais dirigé l’École nationale de la gendarmerie de Kaléah ni donné d’instructions à des recrues pour se rendre au stade.
« Je n’ai jamais été directeur de l’École nationale de la gendarmerie de Kaléah. Mon chef hiérarchique est venu le confirmer ici. Je n’ai dit à aucune recrue d’aller au stade. Peu importe l’issue, je sais que vous allez me libérer. Dans cette affaire, je ne suis impliqué ni de près ni de loin. Monsieur le président, dites la vérité. L’histoire parlera de vous. Je compte sur vous et je m’en remets à votre sagesse », a-t-il déclaré.
Le colonel Bienvenu Lamah est poursuivi pour son implication présumée dans les massacres du 28 septembre 2009. Il répond notamment des chefs de complicité d’abus d’autorité, de meurtres, d’assassinats, de viols, d’enlèvements et de non-assistance à personne en danger.
Au cours des plaidoiries, les avocats des parties civiles ont sollicité la requalification des faits en crimes contre l’humanité. Ils ont également réclamé la condamnation de l’État au paiement de dommages et intérêts, à raison d’un milliard de francs guinéens par victime pour les cas de vol et de pillage, d’un milliard de francs guinéens pour les victimes de coups, blessures et actes de torture, d’un milliard cinq cents millions de francs guinéens pour les cas de décès ou de disparition, ainsi que de deux milliards de francs guinéens pour chaque victime de viol.
Le ministère public a également requis la requalification des faits en crimes contre l’humanité. Il a demandé au tribunal de condamner le prévenu à dix ans de réclusion criminelle, assortis de cinq ans de période de sûreté.
De son côté, la défense du colonel Bienvenu Lamah a plaidé son acquittement, estimant que les charges retenues contre son client ne reposent sur aucun élément de preuve suffisamment probant.
Après plusieurs heures de débats, le tribunal a déclaré les débats clos et renvoyé l’affaire au 27 juillet 2026, date à laquelle sera rendu un verdict particulièrement attendu dans ce second volet du procès des massacres du 28 septembre 2009.

