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OGP : incident entre DG et DGA, les accusations et contre accusations, les graves révélations sur une crise

Une nouvelle tension secoue l’Office guinéen de publicité (OGP). Une altercation a éclaté hier vendredi 26 juin au siège de l’entreprise entre le directeur général, Aladji Cellou, et son adjoint, Jean-Marie Coumbassa.

Selon plusieurs sources, le directeur général tenait une réunion avec une délégation restreinte du syndicat dans son bureau lorsqu’une intervention du directeur général adjoint est venue perturber les échanges.

D’après les mêmes témoignages, Jean-Marie Coumbassa aurait fait irruption dans la salle en pleine séance de travail, donnant lieu à une vive altercation verbale entre les deux responsables.

Quelques révélations troublantes durant les dernières 72 heures à l’OGP

D’après nos informations, le DGA de l’OGP se serait déjà entretenu le mardi 23 juin, à huis clos, avec Charles Mohamed Kolié, le SG de la Section syndicale de l’OGP et certains de ses collègues. Cette rencontre se serait déroulée, apprend-on, sans l’accord préalable du DG. Pire, celui-ci, n’aurait eu droit à aucun compte-rendu sur ces discussions entre son DGA et certains membres de la section syndicale.

A en croire nos sources, la rencontre de ce vendredi entre le DG et le syndicat visait, nous précise-t-on, à recevoir le compte-rendu de la première réunion que le syndicat avait eu avec le DGA. Or, selon des témoignages de personnes ayant assisté à la rencontre du mardi, le DGA aurait lourdement chargé son DG pendant des heures. Plus grave, notre informateur soutient que le DGA est allé jusqu’à affirmer ‘’avoir piraté’’ l’ordinateur du DG pour soutirer des informations sensibles. Des révélations qui auraient été réitérées par la suite au caissier de la boîte, Michel Lamah.

Pire, le DGA aurait, dans la foulée, ‘’envoyé des membres du syndicat, Charles Mohamed Kolié compris, pour saper le moral des détenus en leur faisant croire que s’ils y sont, c’est de la volonté du DG’’.  Une attitude que notre interlocuteur a fustigé de passage. En rappelant que ‘’les avocats des travailleurs détenus actuellement auraient eu accès au PV d’audition du DGA à l’ORDEF où il aurait chargé copieusement Namory Kéïta, Ibrahima Kalil et le DG d’être responsables de sous-facturation supposée à MTN. Et pourtant, ironise notre source, ‘’c’est le même DGA qui avait signé la Proforma ayant servi à l’établissement de la facture définitive.’’

Puis d’ajouter : « … En recevant ainsi la délégation syndicale ce vendredi matin, le DG était au courant de toutes ses manœuvres orchestrées par une partie du syndicat. Son objectif était donc de mettre chacun ou chacune devant ses responsabilités. C’est donc une partie des syndicalistes qui a souhaité ne pas associé de nouveau le DGA au compte-rendu de sa propre réunion, étant donné qu’il a, lui-même, mandaté les autres de le faire. Autrement, il se serait déplacé lui-même, dans un esprit de franche collaboration, pour rencontrer le DG, son supérieur hiérarchique, pour lui livrer la teneur de ses entretiens. C’est donc la vidéo de cette scène, savamment orchestrée par le DGA, largement relayée sur les réseaux sociaux, qui montre un échange tendu entre les deux dirigeants… »

L’attitude du directeur général adjoint lors de cet incident a suscité des réactions parmi les personnes présentes. Certaines sources affirment qu’il ne semblait pas être dans son état habituel au moment des faits. Cette appréciation reste toutefois subjective et n’a, à ce stade, été confirmée par aucun élément officiel.

Ce sont les membres du syndicat, révoltés par l’attitude du DGA qui l’ont sorti du bureau du DG, celui-ci n’ayant jamais quitté son siège, selon des témoins oculaires.

Une plainte déposée par le syndicat

À la suite de l’incident, le syndicat de l’OGP aurait saisi la DPJ en déposant une plainte contre le directeur général adjoint pour des ‘’faits présumés d’agression’’, selon nos informations.

Cette démarche donne désormais une dimension judiciaire à une affaire qui s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes au sein de la direction de l’OGP.

Depuis plusieurs mois, des divergences opposent régulièrement le directeur général et son adjoint autour de la gestion et du fonctionnement de l’entreprise.

Depuis sa nomination, Aladji Cellou a engagé plusieurs réformes à la fois courageuses et douloureuses visant à réorganiser l’OGP, une structure publique confrontée à des difficultés sur les plans organisationnel et financier.

Au début de l’année, Jean-Marie Coumbassa avait été suspendu pour « manquement grave à ses obligations ». Cette décision avait toutefois été levée quelques semaines plus tard, permettant son retour au sein de l’entreprise.

Selon des sources internes, cette réintégration aurait été accompagnée de consignes précises, notamment celle de ne pas communiquer publiquement sur les affaires internes de l’OGP. Des sources affirment que cette directive n’aurait pas toujours été respectée, sans qu’une nouvelle mesure disciplinaire ne soit prise.

Le silence des autorités alimente les interrogations

Informées de l’incident dès vendredi matin, les autorités de tutelle n’avaient pas encore réagi officiellement au moment de la publication de cet article.

Cette absence de communication nourrit les interrogations au sein de l’entreprise. Certains observateurs estiment que le directeur général adjoint bénéficierait de soutiens influents, une perception qu’ils associent à l’absence de réaction publique après plusieurs épisodes de tensions au sommet de l’OGP.

 La défense du DGA

Face à ces graves accusations, Guinéenews a joint Jean-Maire Coumbassa, le DGA de l’OGP pour recueillir ses versions des faits.

‘’Je ne me rappelle pas’’, le DGA nie en bloc toutes les allégations portées contre lui

« Je n’ai tenu aucune réunion avec aucune équipe du syndicat, jamais. Je n’ai jamais tenu de réunion. À l’administration de l’OGP, je reçois tous les employés de l’administration tous les jours, à longueur de journée. Mais, je n’ai jamais tenu de réunion avec aucun groupe du syndicat. Je ne me rappelle pas. Je vois des choses sur les réseaux sociaux mais je laisse la justice faire son travail ».

Piratage de l’ordinateur du DG ?

« Si je suis accusé d’avoir piraté l’ordinateur du Directeur, ils n’ont qu’à envoyer des preuves. Je ne réponds pas aux rumeurs. S’il pense que j’ai piraté son ordinateur, il n’a qu’à justifier ça et envoyer. Je crois que je n’ai aucun problème avec le Directeur lui-même. Puisque nous sommes venus ensemble pour redresser l’entreprise. Nous devons travailler ensemble, collégialement, pour mettre fin aux habitudes malsaines de l’entreprise. En ce qui me concerne. Je n’ai rien contre lui et je ne pense pas qu’il ait quelque chose contre moi. Ma rigueur ne dit pas que je m’acharne… Ce qui est arrivé, ça arrive dans toutes les administrations, des désaccords. À un moment donné, on ne peut pas être d’accord sur tous les sujets et c’est administratif. »

Quid de la sous-facturation de MTN, le DGA face à ses propres contradictions… simplement de l’incultisme qui met en mal la bonne marche de l’OGP

« Je ne suis pas un technicien pour dire que c’est telle facture qu’on doit payer ou pas. Ce que je sais, la facture normale de MTN s’évalue à 2 milliards 7 millions. J’ai eu à signer une facture pro-format à valeur de 900 millions. On était à notre trois premiers mois de notre exercice. Je ne pouvais pas comprendre le mécanisme de l’OGP. Mais j’ai laissé entendre aux techniciens que le jour où je saurais qu’il y a eu surfacturation ou sous-facturation, ils vont répondre devant la loi et ils vont nous donner les raisons de cette surfacturation ou de cette sous-facturation. De toutes les manières, ce n’est pas nous qui décidons les facturations, c’est une somme qui est déjà dans notre budget »

Le rôle trouble du Responsable syndical entre le DG et le DGA !

Interrogé par Guinéenews, Mohamed Charles Kolié, Secrétaire générale de la section syndicale de l’OGP, pour sa part déclare : « non ! Je n’ai pas tenu de réunion avant celle de vendredi dernier. Le seul commentaire, dès qu’il y a eu des amis incarcérés depuis le lundi, le collectif syndical s’est retrouvé pour aller rencontrer le patron pour lui demander les démarches à suivre pour la libération des amis. Mardi, moi, personnellement, je suis allé voir monsieur le DGA pour lui faire la même demande pour nous aider à libérer nos amis. Pour tout problème, il faut d’abord une démarche interne avant celle externe. C’est ce qui fut fait.

Depuis lundi, les visites ont continué auprès des amis incarcérés. Chacun de nous a joué sa carte pour faciliter la libération des amis. C’est ainsi que vendredi, nous avons été invités par Monsieur le DG afin de trouver une issue favorable pour les amis. C’est ainsi que le DGA a forcé sa rentrée malgré toutes les supplications. »

Qu’a-t-il raconté aux détenus au sujet du DG ?

« Désolé, ce sont des allégations. Cette nouvelle nous est parvenue même au sein de la cellule lorsque nous avons rendu visite avec quelques amis du staff syndical et quelques collègues de service. Les détenus, parce qu’ils étaient au nombre de 4 personnes, nous ont dit que la DAAF avait été libérée sous caution, eux, ils ont été maintenus pour défaut de paiement de caution. Cette nouvelle avait un peu bouleversé le patron (le DG) qui, a convié les amis pour des éclaircissements ».

 

Jean-Marie Coumbassa, le DGA est-il un récidiviste ?

 

Les rapports difficiles entre Jean-Marie Coumbassa et sa hiérarchie ne sont pas nouveaux. Dans un courrier daté du 3 novembre 2025, signé par l’ancien ministre de l’Information et de la Communication, Fana Soumah, le directeur général adjoint avait déjà été rappelé à l’ordre pour des faits d’insubordination et de manque de discipline vis-à-vis des décisions du département. Des faits consécutifs à sa démarche assumée de traduire lui-même des employés de l’OGP à l’ORDEF. Même si dans la vidéo qui circule aujourd’hui, il essaie d’imputer à quelqu’un d’autre le malheur de ses collègues incarcérés suite à ses propres dénonciations d’octobre dernier.

Le document évoquait également des comportements jugés incompatibles avec les obligations administratives prévues par « l’Arrêté A/2022/786/PM/SGG du 21 avril 2022 fixant les modalités d’organisation et de fonctionnement des conseils de discipline des départements ministériels et des préfectures ».

 

 

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