Le monde de la culture guinéenne est en deuil. Le doyen Siba Fassou, figure emblématique des arts, intellectuel de haut rang et infatigable défenseur du patrimoine culturel national, s’est éteint, laissant derrière lui un héritage considérable.
Artiste accompli, pédagogue respecté et homme de pensée, Siba Fassou incarnait l’excellence culturelle. Plus qu’une personnalité du monde artistique, il était une véritable référence pour plusieurs générations de créateurs, d’enseignants et d’étudiants.
À la tête de l’Institut supérieur des arts Mory Kanté, alors nouvellement créé, il a profondément marqué l’histoire de cette institution qu’il a contribué à bâtir et à faire rayonner. Sous son magistère, l’établissement est devenu un véritable creuset de formation et d’échanges artistiques.
Avec des figures majeures comme feu Cheick Fantamady Camara et feu Souleymane Koly, le doyen Siba Fassou a porté de nombreux projets de formation, notamment des résidences d’écriture, de tournage et de mise en scène. Il a également favorisé la mobilité des étudiants vers plusieurs pays africains et européens, notamment le Burkina Faso, le Bénin, le Sénégal et la France, ouvrant ainsi les portes de l’international à de nombreux jeunes talents.
Passionné de littérature et de cinéma, il aimait nourrir les débats intellectuels autour des grandes œuvres universelles, offrant toujours un regard critique original et profondément inspirant.
Son engagement pour la préservation et la valorisation du patrimoine culturel de la Guinée forestière demeure l’un des piliers de son œuvre. Fondateur de la troupe Daazato, il a consacré sa vie à la sauvegarde, à la création et à la diffusion des musiques et des traditions de cette région, faisant de cette formation un symbole de transmission culturelle.
Le décès du doyen Siba Fassou constitue une perte immense pour la Guinée. Sa disparition laisse un vide difficile à combler, mais son œuvre continuera d’inspirer les générations futures.

