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Guinée : Dr Faya fustige le dernier processus électoral

Le président d’honneur du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Lansana Millimouno, a vivement contesté, ce mercredi 17 juin 2026, la crédibilité des élections communales et législatives du 31 mai dernier. Lors d’une conférence de presse animée à la Maison de la presse de Conakry, l’opposant a dénoncé une série d’irrégularités qu’il qualifie de « graves » et susceptibles, selon lui, d’avoir profondément altéré la sincérité du scrutin.

Face aux journalistes, Dr Faya Millimouno a affirmé que les dysfonctionnements observés ne se limitaient pas à la phase de centralisation des résultats, mais remontaient jusqu’aux bureaux de vote. Il a notamment évoqué l’absence de documents électoraux essentiels dans plusieurs centres de vote dès l’ouverture du scrutin.

« La manipulation électorale ne commence pas au niveau de la centralisation. Elle commence dans les bureaux de vote eux-mêmes », a-t-il déclaré, rappelant que son parti avait signalé, dès la matinée du 31 mai, le manque de certains procès-verbaux et autres documents indispensables au déroulement normal des opérations électorales.

Selon lui, ces documents auraient été acheminés avec un important retard dans plusieurs localités du pays. Il cite notamment le cas de certaines zones de la Guinée forestière où des procès-verbaux auraient été transportés par hélicoptère aux environs de 2 heures du matin, le jour même du scrutin.

Pour le président d’honneur du Bloc Libéral, cette situation a compromis la transparence du processus électoral. Il rappelle que la loi prévoit que le dépouillement soit effectué publiquement et que les procès-verbaux soient affichés immédiatement afin de garantir la traçabilité des résultats.

« Les seuls véritables résultats sont ceux qui sortent directement des bureaux de vote après un dépouillement réalisé devant les électeurs et les représentants des candidats », a-t-il insisté.

Des délégués écartés et des résultats contestés

Dr Faya Millimouno affirme également que de nombreux représentants de son parti n’ont pas été autorisés à accéder aux bureaux de vote ou aux centres administratifs de centralisation des données, limitant ainsi leur capacité à contrôler le processus.

Malgré ces obstacles, le Bloc Libéral dit avoir réussi à collecter 202 procès-verbaux de centralisation sur les 495 recensés au niveau national, grâce notamment aux assesseurs issus de plusieurs formations politiques.

À partir de ces documents, le parti affirme avoir constaté d’importantes divergences entre les résultats consignés dans les procès-verbaux et ceux proclamés par la Direction générale des élections (DGE).

« Les 67 000 voix que nous estimons avoir perdues ne concernent même pas l’ensemble des circonscriptions. Nous n’avons analysé que 202 procès-verbaux sur 495 », a soutenu Dr Millimouno.

Des accusations de fraude et de gonflement du taux de participation

Le leader politique a également dénoncé ce qu’il présente comme des cas de fabrication de résultats dans certaines localités. Il affirme disposer de documents montrant que des chiffres auraient été préétablis avant même la tenue effective du vote.

Selon ses explications, dans certaines préfectures, des consignes auraient été données pour attribuer à l’avance un nombre précis de votants et de suffrages exprimés afin de produire artificiellement des taux de participation très élevés.

« Nous avons identifié des bureaux où les chiffres inscrits sur les procès-verbaux correspondent exactement aux données préalablement établies sur des feuillets distribués avant le scrutin », a-t-il déclaré.

Dr Faya Millimouno a également évoqué des cas qu’il juge « incompréhensibles », notamment des procès-verbaux de centralisation où plusieurs candidats auraient obtenu zéro voix tandis qu’un seul candidat se voyait attribuer plusieurs milliers de suffrages.

La Cour suprême appelée à rétablir « la vérité des urnes »

Face à ce qu’il considère comme de graves atteintes à la sincérité du vote, le président d’honneur du Bloc Libéral dit compter sur la Cour suprême pour faire toute la lumière sur le processus électoral.

Il rappelle que la législation électorale prévoit l’envoi systématique des procès-verbaux à la haute juridiction, ce qui permettrait, selon lui, de comparer les résultats issus des bureaux de vote avec ceux centralisés au niveau administratif.

« La Cour suprême dispose de tous les éléments nécessaires pour vérifier les chiffres et faire ressortir la vérité des urnes », a-t-il affirmé.

En conclusion, Dr Faya Lansana Millimouno a qualifié les élections du 31 mai de plus catastrophiques de l’histoire politique du pays, appelant la justice à garantir le respect de la souveraineté populaire et à préserver l’intégrité du choix des électeurs.

 

« On peut simplement conclure en disant que les élections qui viennent de se passer ont été les plus catastrophiques de l’histoire politique de notre pays. Et nous encourageons la Cour, n’est-ce pas, à veiller au respect de la souveraineté populaire parce qu’il s’agit de ceux qui vont représenter les intérêts du peuple divin quand il sera question de dire comment on va dépenser l’argent public et pour faire quoi », martèle-t-il.

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