Le ministère public a requis une peine d’un an d’emprisonnement dont six mois avec sursis contre le garde pénitentiaire Lamine N’Diaye, poursuivi pour « détention et introduction de substances psychotropes dans un établissement pénitentiaire ».
Les réquisitions ont été formulées ce mardi 16 juin 2026 devant le Tribunal de première instance de Kaloum, au cours d’une audience consacrée aux réquisitions et plaidoiries des différentes parties. Tandis que le parquet a demandé la condamnation du prévenu, la défense a dénoncé l’absence de preuves matérielles et sollicité sa relaxe pure et simple.
À l’issue des débats, le procureur de la République près le TPI de Kaloum, Youssouf Fofana, a requis une peine d’un an d’emprisonnement dont six mois assortis de sursis contre le prévenu, placé en détention depuis le 12 février dernier.
Dans ses réquisitions, le Procureur a rappelé que l’affaire trouve son origine dans une opération de contrôle inopinée menée le 10 février 2026 à la Maison centrale de Conakry.
« Monsieur le président, c’est un contrôle inopiné qui a été effectué le 10 février 2026. C’est pendant cette fouille que Monsieur N’Diaye a été aperçu par les gendarmes en possession d’un sac plastique noir. Un sac contenant plusieurs objets. Quand il a été interpellé avec ça, il a dit qu’il a ramassé. Une enquête a été ouverte. Il a nié les faits, mais il a reconnu que c’est dans ses mains que le colis a été pris », a déclaré le procureur.
Poursuivant son argumentaire, il a souligné les contradictions relevées dans les déclarations du prévenu. « Donc, il a été pris en flagrant délit avec un sac contenant des substances prohibées. Dans un premier temps, il a dit qu’il a ramassé dans une cellule, et tantôt il dit qu’il a ramassé dans la cour. Mais jusqu’à présent, il n’a pas dit dans quelle cellule il a pris ça. C’est pourquoi nous vous demandons de le retenir dans les liens de la prévention pour détention des substances prohibées. Pour la répression, nous vous demandons de le condamner à un an d’emprisonnement dont 6 mois avec sursis », a-t-il requis.
Le parquet estime que cette sanction est adaptée aux faits reprochés. « C’est une peine juste, légale et proportionnelle. Nous voulons que ça s’arrête. Nous voulons que les gardes pénitentiaires soient exemplaires », a insisté le ministère public.
Selon le dossier de la procédure, Lamine N’Diaye avait été interpellé lors de cette fouille alors qu’il détenait un sac plastique noir contenant plusieurs objets considérés comme prohibés. Les enquêteurs y avaient notamment découvert « 264 boules de chanvre indien, 8 plaquettes de tramadol, de l’argent, des téléphones, des tournevis, des ciseaux… ».
À la suite de son arrestation, il a été poursuivi pour « détention et introduction de substances psychotropes dans un établissement pénitentiaire » avant d’être placé sous mandat de dépôt le 12 février 2026. Depuis l’ouverture de son procès, le prévenu conteste l’ensemble des accusations portées contre lui.
Face aux réquisitions du parquet, les avocats de la défense, Maîtres Kobélé Keïta et Houleymatou Bah, ont plaidé la relaxe pure et simple de leur client, estimant que les éléments du dossier ne permettent pas d’établir sa culpabilité.
« Il revient au ministère public d’apporter les preuves de ses accusations. Mais aucune preuve n’a été apportée. La procédure ne démontre pas que cette substance appartient à mon client. Il n’y a même pas un commencement de preuve. Cette accusation ne repose sur aucune base légale. Il y a un doute sérieux dans cette affaire. Et le doute profite au prévenu. Je vous demande de le relaxer purement et simplement pour délit non constitué à son encontre », a plaidé Maître Kobélé Keïta.
À l’issue des débats, le tribunal a renvoyé l’affaire au 14 juillet 2026 pour le délibéré.

