Briser le silence autour des menstruations et permettre aux jeunes filles de poursuivre leur scolarité dans la dignité, c’est l’ambition du Projet de réduction de la précarité menstruelle en milieu scolaire en Guinée (PAPMG). Ce projet a été officiellement lancé ce jeudi 12 juin 2026 à dans la commune de Matam à Conakry sous le thème « Menstrues sans tabou ».
Portée par le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation et Nimbastar, avec l’accompagnement de plusieurs partenaires publics et privés, dont TotalEnergies Marketing Guinée, l’initiative entend répondre à une problématique qui affecte encore le parcours scolaire de nombreuses adolescentes à travers le pays.
Dans son intervention, le président de la délégation spéciale de Matam, Mohamed Camara, a salué une initiative qui vise à garantir aux adolescentes des conditions d’apprentissage dignes et favorables à leur réussite scolaire. Selon lui, aucune élève ne devrait voir son parcours compromis en raison de difficultés liées à sa santé menstruelle.
Plus de 5 000 jeunes filles concernées grâce à l’appui de TotalEnergies Marketing Guinée
Elle a notamment évoqué l’absentéisme scolaire, la stigmatisation, le manque d’information et la perte de confiance en soi auxquels sont confrontées de nombreuses jeunes filles pendant leurs menstruations.
Pour la responsable de TotalEnergies, soutenir ce programme revient à investir dans l’avenir du pays. Elle a annoncé que le projet permettra d’intervenir dans 16 établissements scolaires, d’atteindre plus de 5 000 jeunes filles et de distribuer plus de 80 000 serviettes hygiéniques.
« Au-delà des chiffres, ce sont des parcours scolaires que nous préservons et des ambitions que nous aidons à poursuivre », a-t-elle indiqué, estimant qu’aucune jeune fille ne devrait voir ses études compromises par le manque de protections hygiéniques adaptées.
Selon elle, le PAPMG dépasse largement le cadre d’une simple distribution de serviettes hygiéniques. Le programme repose sur trois axes majeurs : la sensibilisation pour briser les tabous liés aux menstruations, l’accès régulier à des protections hygiéniques de qualité produites localement et la création d’environnements scolaires favorables au bien-être et à la réussite des jeunes filles.
Elle a également indiqué que le projet ambitionne d’intervenir progressivement dans au moins 100 établissements scolaires par an à travers les différentes régions du pays, afin de permettre à des dizaines de milliers de jeunes filles de poursuivre leur scolarité dans des conditions plus dignes et plus sereines.
Prenant la parole au nom de la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, la cheffe de cabinet du département a estimé que la précarité menstruelle constitue à la fois un enjeu d’éducation, de santé publique et d’égalité des chances. Elle a salué une initiative qui contribue à briser les tabous entourant les menstruations, à améliorer l’accès aux protections hygiéniques et à lutter contre l’absentéisme scolaire des jeunes filles.
Réaffirmant l’engagement du ministère à accompagner les actions favorisant l’autonomisation des femmes et des filles, elle a souligné que cette démarche s’inscrit dans la vision des autorités visant à renforcer le développement du capital humain et la protection des couches vulnérables.
Le ministre a indiqué que les données disponibles montrent qu’une fille sur quatre manque l’école entre trois et cinq jours chaque mois faute de protection hygiénique adaptée, une situation qui favorise progressivement le décrochage scolaire et affecte la confiance en soi des adolescentes.
Pour lui, l’école guinéenne doit être un espace inclusif où aucun phénomène naturel ne peut devenir un facteur d’exclusion. Il a annoncé sa volonté de mobiliser l’ensemble des acteurs du système éducatif afin de mettre en place dans les établissements scolaires, des mécanismes d’écoute, d’accompagnement et d’orientation en faveur des jeunes filles, ainsi que des infrastructures adaptées à leurs besoins.
Estimant que la dignité des filles est « non négociable », Alpha Bacar Barry a appelé les enseignants, les parents d’élèves et les partenaires à s’engager davantage pour garantir la réussite scolaire des adolescentes.

