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Affaire Jean-Paul II : l’État réclame plus de 7 milliards fg et de lourdes peines contre Soriba Soumah

Affaire Jean-Paul II : 10 ans de prison requis contre Soriba Soumah, plus de 7 milliards GNF réclamés

Le procès de Soriba Soumah et de ses coaccusés est entré, ce lundi 15 juin 2026, dans sa phase des plaidoiries et réquisitions devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Dans sa plaidoirie, Me Sâa Dissi Millimouno, avocat de l’État, a soutenu que les faits reprochés aux prévenus étaient suffisamment établis. Selon lui, aucun doute ne subsiste quant à l’existence des infractions de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, enrichissement illicite et complicité visant Soriba Soumah, ancien directeur général du Centre national de formation sociale appliquée Jean-Paul II, son ex-agent comptable ainsi que le responsable de la société AT Multiservices.

Au titre des réparations civiles, l’avocat a demandé la condamnation solidaire des prévenus au paiement de 3,578 milliards de francs guinéens au profit de l’État, correspondant aux 30 % versés à la société AT Multiservices dans le cadre d’un contrat de fourniture d’équipements médicaux.

La partie civile a également sollicité la condamnation solidaire de Soriba Soumah et de son ancien agent comptable au remboursement de 747,5 millions de francs guinéens, représentant des fonds décaissés pour des activités qui, selon elle, n’auraient jamais été réalisées.

À cela s’ajoute une demande de remboursement de 3,106 milliards de francs guinéens correspondant à diverses sorties de fonds jugées frauduleuses, effectuées entre le 19 juin et le 15 septembre 2025.

À titre personnel, Soriba Soumah est poursuivi pour le remboursement de 270 millions de francs guinéens versés à une société de gardiennage dont les prestations n’auraient jamais été justifiées. La partie civile réclame également le remboursement de 7,02 millions de francs guinéens, correspondant à une partie des recettes du bloc opératoire qui aurait été virée sur son compte Orange Money, ainsi que de 10 millions de francs guinéens perçus, selon elle, de manière irrégulière sous forme de primes alors qu’il était suspendu de ses fonctions.

L’État demande par ailleurs la restitution d’un groupe électrogène appartenant au Centre Jean-Paul II, estimé à 60 millions de francs guinéens, qu’il estime avoir été frauduleusement soustrait sous la gestion de l’ancien directeur général.

Enfin, la partie civile a sollicité la condamnation de chacun des prévenus au paiement d’un milliard de francs guinéens à titre de dommages et intérêts au profit de l’État guinéen. Elle a également demandé l’exécution provisoire de la décision sur le volet civil ainsi que la confiscation des biens identifiés ou qui viendraient à l’être au cours de la procédure.

Dix ans de prison requis contre Soriba Soumah

Prenant la parole à son tour, le ministère public, représenté par Biwon Millimouno, a estimé que Soriba Soumah était suffisamment impliqué dans les faits de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques et enrichissement illicite.

Le parquet a requis à son encontre une peine de dix ans d’emprisonnement assortie d’une amende de 50 millions de francs guinéens. Il a également demandé la confiscation des biens déjà identifiés ou susceptibles de l’être, ainsi que la publication de la décision de justice aux frais du prévenu.

Concernant Ismaël Traoré, le ministère public a sollicité une requalification des faits en complicité. Il a requis contre lui cinq ans d’emprisonnement et une amende de 25 millions de francs guinéens pour complicité de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques et enrichissement illicite, dont Soriba Soumah serait l’auteur principal.

De leur côté, les avocats de la défense ont rejeté en bloc les accusations portées contre leurs clients. Plaidant leur innocence, ils ont demandé à la Cour de les renvoyer des fins de la poursuite, estimant que les infractions reprochées ne sont pas constituées.

Dans son dernier mot, Soriba Soumah a déclaré : « Je suis victime de ma bonne foi. Je m’en remets à la volonté de Dieu. »

À l’issue des débats, la Cour a mis l’affaire en délibéré pour une décision attendue le 29 juin 2026.

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