Chalco a officiellement lancé le chantier de sa toute première raffinerie d’alumine hors de Chine, à Boffa, ce samedi 13 juin.
Avec cet évènement organisé par la Filiale du géant chinois CHINALCO, il y avait de la fierté, sur les visages des officiels guinéens présents à Démougala, dans préfecture de Boffa.
Moins d’un mois après la signature de la convention minière à Conakry le 21 mai dernier, Chalco (filiale de CHINALCO) emboîte le pas à SPIC et au Consortium Winning.
Pour la Guinée, c’est le coup d’envoi officiel de sa troisième raffinerie d’alumine post-indépendance. Un pas de géant vers la transformation locale.« La Guinée ne veut plus seulement être un grand pays de bauxite. Elle ambitionne de devenir une puissance industrielle africaine capable de transformer ses ressources et de bâtir son développement avec souveraineté », a martelé Djiba Diakité, Ministre Directeur de Cabinet de la Présidence, venu porter le message du président Mamadi Doumbouya.
Plus d’un milliard (1,68) de dollars pour contribuer à briser la malédiction des matières premières
Les chiffres et autres éléments intégrés du projet sont sans équivoque. C’est 1,68 milliard de dollars américains d’investissement pour une capacité de production de 1,2 million de tonnes d’alumine par an.
Pour CHINALCO, représenté par le Président de son Conseil d’Administration, Duan Xiang Dong, ce projet est une première historique. C’est la toute première fois que le géant chinois déploie une infrastructure de raffinage en dehors de ses frontières. Preuve, s’il en fallait, que la Guinée et ses réserves mondiales de bauxite sont devenues le cœur battant de la stratégie du groupe, déjà très impliqué dans le mégaprojet de fer de Simandou.
Justement, cette accélération s’inscrit au cœur du « Programme Simandou 2040 ». Et le gouvernement ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Le Ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a rappelé la feuille de route faite de 5 raffineries à l’horizon 2030. Notant dans la foulée que les négociations pour les deux dernières infrastructures sont d’ailleurs déjà bien avancées.
Au-delà des millions de tonnes d’alumine et des milliards de dollars investis, ce sont les retombées sociales qui vont intéresser l’attention des communautés locales de Boffa et du reste la Guinée.
Il s’agit de 1 000 emplois directs et 12 000 emplois indirects attendus entre la phase de chantier et l’exploitation. Mais aussi, de 500 bourses d’études sur 20 ans (soit 25 par an), pour former la jeunesse guinéenne aux métiers techniques de pointe.
Et une école d’ingénieurs et de formation technique financée par CHINALCO à Boffa, qui accueillera 100 étudiants par filière chaque année pendant 10 ans. Avec pour objectif, faire en sorte que les ingénieurs qui feront tourner l’usine de demain soient Guinéens.
Un axe Conakry-Pékin plus solide que jamais
Cette cérémonie, couronnée par la présence de l’ambassadeur de Chine en Guinée, S.E.M. Sun Yong, rappelle à quel point l’axe sino-guinéen est devenu l’un des principaux moteurs de l’économie nationale. Des méga-chantiers de Simandou au complexe hydroélectrique d’Amaria, en passant par les investissements de SPIC, le partenariat compte désormais plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Rendez-vous est pris donc, pour les semaines et mois à venir pour faire le point et s’assurer qu’on est passé de la symbolique de la première pierre à la réalité de la construction. Sans oublier que le gouvernement guinéen, par la voix du ministre Bouna, a promis de veiller sur le respect des engagements contractuels et des réformes environnementales et sociales.
