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Labé : une école refuse qu’une partie de son espace soit transformé en bureau du conseil de quartier

À Labé, l’enceinte du complexe scolaire Hoggo M’Bouro est devenue le théâtre d’un bras de fer qui cristallise de vives tensions. D’un côté, le conseil de quartier Mairie, déterminé à construire son siège sur une parcelle de 500 m² obtenue avec l’aval des autorités. De l’autre, la communauté éducative, qui dénonce une atteinte au patrimoine foncier de l’école et craint un rétrécissement de l’espace réservé aux futurs projets d’extension.

Le bruit des engins a remplacé le calme habituel des salles de classe. Depuis quelques jours, le lancement d’un chantier à l’intérieur même de ce complexe scolaire emblématique de Labé suscite une vive polémique. Ce qui devait être une simple opération administrative s’est transformé en un véritable affrontement entre les autorités locales et les défenseurs de l’école publique.

Interrogé par Guinéenews, Abdoul Malick Diallo, président du conseil de quartier Mairie, a longuement expliqué les raisons ayant motivé le choix de ce site. Selon lui, la configuration urbaine du quartier ne permettait pas d’envisager une autre option.

« Le quartier Mairie est essentiellement commercial. Une grande partie de son espace est occupée par le marché. Contrairement à d’autres quartiers, nous ne disposons pas de terrains libres pour accueillir ce type d’infrastructure. Comme ce ne sont pas les parents qui avaient attribué cet hectare au groupe scolaire Hoggo M’Bouro, nous avons adressé des requêtes aux plus hautes autorités afin d’obtenir une portion de cet espace pour la construction du bureau du conseil de quartier », a-t-il expliqué.

Face aux critiques, les responsables locaux mettent en avant la régularité de la procédure ayant conduit à l’attribution de cette parcelle de 500 m². Ils affirment disposer de toutes les autorisations nécessaires et se disent prêts à les présenter à toute personne souhaitant vérifier la légalité du projet.

« Nous avons introduit des requêtes auprès des autorités compétentes, notamment la commune, la préfecture, la Direction préfectorale de l’Éducation (DPE) ainsi que la Direction sous-préfectorale de l’Éducation. Après examen du dossier, elles nous ont accordé une portion de 500 m² dans l’enceinte du groupe scolaire pour la construction du bureau du conseil de quartier Mairie », a précisé Abdoul Malick Diallo.

Mais cette légitimité administrative est vivement contestée par la Coordination préfectorale des Associations des parents d’élèves et amis de l’école (APEAE) ainsi que par l’Association des anciens élèves de Hoggo M’Bouro. Ces organisations dénoncent notamment l’absence de concertation préalable et considèrent les réserves foncières scolaires comme un patrimoine à préserver pour répondre à la croissance des effectifs et aux besoins futurs de l’établissement.

Le coordinateur préfectoral des APEAE, Abdoulaye Kanté, ne cache pas son opposition au projet.

« Ce sont les anciens élèves qui nous ont alertés après le démarrage des travaux. Après vérification, nous avons constaté que le chantier était déjà lancé. La Coordination régionale des APEAE et l’Association des anciens élèves de Hoggo M’Bouro s’opposent à cette initiative, estimant qu’elle risque de réduire davantage l’espace disponible pour l’établissement et de compromettre d’éventuels projets d’extension », a-t-il dénoncé.

Au-delà du cas de Hoggo M’Bouro, cette controverse relance le débat sur la protection et la sécurisation des domaines scolaires en Guinée. Dans un contexte marqué par une urbanisation rapide et une pression foncière croissante, la préservation des réserves destinées aux infrastructures éducatives demeure un enjeu majeur pour l’avenir du système scolaire.

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