Dans les principales artères de Conakry, les vendeurs ambulants font désormais partie du paysage quotidien. Aux carrefours, devant les marchés, le long des routes ou encore au milieu des embouteillages, ils proposent une grande variété de produits : fruits, vêtements, boissons, accessoires de téléphone et bien d’autres articles de consommation courante.
Si cette activité constitue une source de revenus indispensable pour de nombreuses familles, elle soulève également des interrogations quant à l’occupation de l’espace public, à la sécurité des usagers et à la fluidité de la circulation.
À Cosa, Mariama Camara, vendeuse ambulante de plantes depuis plusieurs années, explique n’avoir trouvé aucune autre alternative pour subvenir aux besoins de sa famille.
« Je suis mère de quatre enfants. Grâce à ce commerce, je paie leur scolarité et je contribue aux dépenses du foyer. Si l’on nous retire de la rue sans nous proposer de solution, beaucoup de familles vont souffrir », affirme-t-elle.
Comme elle, de nombreux jeunes se tournent vers la vente ambulante en raison des difficultés d’accès à l’emploi. Sur le pont de Madina et dans ses environs, Ibrahima Bah, diplômé sans emploi, gagne sa vie en vendant des accessoires électroniques.
« J’ai cherché du travail pendant plusieurs années sans succès. Aujourd’hui, ce petit commerce me permet au moins de gagner quelque chose chaque jour », confie-t-il.
Toutefois, la présence croissante des vendeurs ambulants ne fait pas l’unanimité. Plusieurs usagers dénoncent l’occupation des trottoirs et les risques que cette situation fait peser sur les piétons.
« Dans plusieurs quartiers, les trottoirs sont entièrement occupés. Les piétons sont alors contraints de marcher sur la chaussée, ce qui augmente considérablement les risques d’accident », regrette Mamadou Diallo.
Les conducteurs partagent également cette préoccupation. Selon eux, les vendeurs profitent souvent des ralentissements pour circuler entre les véhicules, une pratique qui peut entraîner des situations dangereuses aussi bien pour eux-mêmes que pour les automobilistes.
À Conakry, la question de la vente ambulante continue ainsi d’alimenter le débat entre citoyens, acteurs économiques et autorités locales. Tandis que certains y voient une activité essentielle à la survie de milliers de ménages et au dynamisme de l’économie urbaine, d’autres plaident pour une meilleure réglementation afin de concilier activité économique, sécurité et libre circulation dans l’espace public.

