Le procès en appel de l’ancien Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana connaît un nouveau report. Réunie ce jeudi, la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a décidé de différer l’examen final du dossier après une demande formulée par le ministère public.
Cette décision intervient alors que toutes les parties semblaient disposées à entrer dans la phase décisive du procès. Selon le motif de renvoi de la précédente audience, la Cour devait se prononcer sur la demande d’évacuation sanitaire du prévenu et entendre les réquisitions et plaidoiries des différentes parties. Conformément à ce motif de renvois, les avocats de la défense comme ceux de la partie civile attendaient de présenter leurs arguments devant la juridiction à de ce jeudi. Toutefois, le parquet a estimé qu’il n’était pas encore en mesure de présenter ses réquisitions et a sollicité un renvoi à huitaine.
À l’origine de cette demande de renvoi, les récentes déclarations de l’ancien chef du gouvernement recueillies à la Clinique Pasteur, où il poursuit son traitement médical. Le ministère public a expliqué vouloir examiner plus en détail le contenu de ces auditions avant de développer sa position devant la Cour.
Malgré les réserves exprimées par les conseils des différentes parties, les juges ont accordé le délai sollicité. L’affaire reviendra ainsi devant la chambre des appels le 18 juin prochain, date à laquelle sont désormais attendues les réquisitions du parquet ainsi que les plaidoiries.
Cette procédure judiciaire porte sur des accusations de détournement de fonds publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Les enquêteurs reprochent notamment à l’ancien Premier ministre de ne pas avoir apporté d’explications suffisantes concernant plusieurs milliards de francs guinéens issus des ressources de l’État, ainsi que sur l’origine de certains éléments de son patrimoine.
Incarcéré en 2022 à la Maison centrale de Conakry, Ibrahima Kassory Fofana avait été transféré peu après dans une structure médicale en raison de son état de santé. Après plusieurs années passées sous surveillance médicale, il a obtenu une remise en liberté ordonnée par la chambre des appels en mars dernier. Depuis, il demeure hospitalisé tout en continuant à répondre aux convocations de la justice.
Le dossier arrive à un moment important de la procédure. En première instance, l’ancien locataire de la primature avait été condamné à une peine de cinq ans de prison assortie d’une lourde sanction financière. Ses avocats contestent cette décision et espèrent obtenir une révision du jugement devant la juridiction d’appel. Le rendez-vous du 18 juin pourrait ainsi marquer une étape déterminante dans l’issue de cette affaire judiciaire.

