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Kankan : la GMD majoritaire, mais la bataille pour le fauteuil de maire ne fait que commencer (micro-trottoir) 

Quelques jours après la proclamation des résultats provisoires des élections communales du 31 mai 2026, les réactions se multiplient à Kankan. Si la victoire du parti GMD, crédité de 25 sièges sur les 45 que compte le Conseil communal, lui confère une position favorable dans la course à la mairie, de nombreux citoyens et acteurs de la société civile appellent à la prudence, au respect des institutions et à la préservation du climat de paix qui a marqué le scrutin.

Afin de recueillir les perceptions des habitants, notre rédaction est allée à la rencontre de plusieurs citoyens de la commune urbaine.

« Les résultats sont crédibles et reflètent l’atmosphère politique de Kankan »

Parmi les personnes interrogées figure Amara Condé, président de l’ONG Club des Acteurs de Développement de Guinée (CAD-Guinée). Pour lui, la principale leçon à retenir de ces élections demeure leur déroulement pacifique.

« Ce qu’il faut saluer dans cette élection, c’est qu’elle s’est déroulée dans le calme et la sérénité. Il n’y a pas eu de violences. Comparé à certaines consultations passées que nous avons connues ici, c’est déjà un acquis important. Cela démontre que les populations gagnent progressivement en maturité politique et démocratique », estime-t-il.

Interrogé sur les résultats publiés par la Direction générale des élections (DGE), il invite les citoyens à faire confiance aux institutions de la République.

« Une fois les institutions chargées d’organiser les élections mises en place, il faut leur accorder sa confiance. On ne peut pas leur confier une mission puis remettre systématiquement en cause les résultats qu’elles publient. À mon avis, ces résultats sont crédibles et reflètent la réalité politique actuelle de Kankan », soutient-il.

S’agissant de l’élection du futur maire, Amara Condé souhaite que les conseillers communaux privilégient les compétences plutôt que les considérations partisanes.

« J’aurais souhaité que chacun mette de côté son appartenance politique pour se concentrer avant tout sur les compétences. Il faut choisir la personne la plus à même de faire avancer Kankan. »

Selon lui, plusieurs élus disposent du profil nécessaire pour conduire les destinées de la commune.

« Dans les différentes listes, il existe des personnalités compétentes qui peuvent valablement assumer cette responsabilité. »

« Les résultats traduisent le verdict des urnes »

Même analyse du côté de Lanfia Diané, chargé de la formation au sein du Conseil préfectoral des organisations de la société civile de Kankan.

Pour cet acteur de la société civile, l’essentiel était avant tout l’organisation d’élections crédibles.

« Aujourd’hui, le mérite revient aux autorités qui ont permis la tenue d’élections libres, transparentes et crédibles. Les résultats publiés reflètent, selon moi, le verdict des urnes », affirme-t-il.

Il rappelle que la prochaine étape consistera en la tenue de la première session du Conseil communal, au cours de laquelle seront élus le maire et ses adjoints.

« Il faudra attendre la convocation officielle des conseillers communaux. C’est à cette occasion que seront désignés le maire et les membres de l’exécutif communal. »

Bien que la GMD dispose de la majorité absolue des sièges, il estime que le jeu démocratique reste ouvert.

« Il faut préserver le caractère démocratique de cette élection. Même lorsqu’un parti détient la majorité, les autres formations politiques ont le droit de présenter leurs candidats et de défendre leurs arguments. »

Pour lui, la compétition est loin d’être terminée.

« Nous pouvons nous attendre à une véritable bataille politique. Pour l’instant, personne ne devrait se considérer automatiquement vainqueur. »

Avant de conclure, il invite les acteurs politiques à préserver le climat de paix observé tout au long du processus électoral.

« L’essentiel aujourd’hui est de consolider notre démocratie et de permettre l’installation d’exécutifs communaux crédibles, capables de répondre aux attentes des populations. »

« J’ai peur que les divisions du passé ressurgissent »

Au-delà des acteurs institutionnels et associatifs, certains citoyens expriment également leurs préoccupations quant aux prochaines étapes du processus.

Rencontré dans un bar-café de la commune urbaine, Mamadou Camara, mécanicien d’une quarantaine d’années, reconnaît avoir suivi ces élections avec un intérêt relativement limité.

« Pour être honnête, ces élections ne représentaient pas un enjeu majeur pour nous. Dans ma famille, j’ai été le seul à me rendre au bureau de vote. Et même là, j’ai volontairement fait un bulletin nul parce que je ne connaissais aucun des candidats en lice. Je ne voulais pas voter pour quelqu’un dont j’ignorais tout », explique-t-il.

S’il affirme respecter le choix des électeurs, il estime que le véritable enjeu commence désormais avec l’élection du futur maire.

« Les résultats sont connus et doivent être acceptés. Mais ce qui m’inquiète davantage, c’est ce qui va se passer lors de la désignation du maire. J’ai un mauvais pressentiment. »

Selon lui, certaines expériences politiques passées invitent à la vigilance.

« J’espère sincèrement que nous ne revivrons pas les mêmes situations qu’à l’époque du RPG sous Alpha Condé. Le parti détenait la majorité, mais plusieurs clans internes se disputaient les postes, ce qui créait de nombreuses tensions. »

Le mécanicien dit déjà percevoir des signes de rivalités au sein de la formation majoritaire.

« Lorsqu’on observe les réseaux sociaux, on a l’impression qu’il existe déjà plusieurs tendances au sein de la GMD. On voit au moins trois figures importantes dont les prises de parole et les publications laissent penser qu’elles ambitionnent d’occuper le fauteuil de maire. »

Pour lui, les ambitions personnelles ne doivent pas prendre le pas sur les préoccupations des citoyens.

« Les populations attendent des résultats concrets : des routes praticables, une meilleure gestion des déchets, davantage d’éclairage public, des infrastructures modernes et des opportunités pour les jeunes. J’espère que les futurs conseillers placeront l’intérêt de Kankan au-dessus des calculs politiques. »

Une ville suspendue à l’élection du futur maire

Après la proclamation des résultats provisoires, tous les regards sont désormais tournés vers la première session du Conseil communal, qui devra élire le futur maire ainsi que les membres de l’exécutif communal.

Si la GMD dispose d’une majorité absolue avec 25 conseillers sur 45, plusieurs observateurs estiment que les tractations internes et d’éventuelles alliances pourraient peser sur la désignation du prochain maire.

En attendant cette échéance, une certitude semble faire consensus parmi les citoyens rencontrés : le climat de paix qui a prévalu durant le scrutin doit être préservé afin que la future équipe municipale puisse se consacrer pleinement aux nombreux défis liés au développement de Kankan.

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