La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a entendu, ce mercredi 10 juin 2026, les dernières plaidoiries et réquisitions dans le dossier impliquant l’ancien ministre Oyé Guilavogui. Poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, l’ex-membre du gouvernement est désormais dans l’attente du verdict prévu dans les prochaines semaines.
Au cours de l’audience, les représentants de la partie civile ont estimé que le dossier était suffisamment étayé pour permettre à la juridiction de se prononcer. Leur avocat, Me Pépé Antoine Lamah, a soutenu que l’absence du prévenu ne constituait en aucun cas un obstacle à la poursuite de la procédure. Selon lui, toutes les exigences légales ont été respectées depuis le départ de l’ancien ministre à l’étranger pour des raisons médicales.
L’avocat a rappelé que l’ensemble des notifications et actes de procédure avait été régulièrement transmis à son conseil, désigné comme domicile légal dans le cadre de cette affaire. Il a ainsi demandé à la Cour de constater que les droits de la défense avaient été pleinement garantis et de rendre une décision immédiatement exécutoire dès son prononcé.
Prenant ensuite la parole, le ministère public a développé son argumentaire en mettant l’accent sur la gestion de plusieurs programmes publics confiés à Oyé Guilavogui lorsqu’il occupait des fonctions gouvernementales sous le régime d’Alpha Condé. Selon le parquet, les investigations ont révélé d’importantes irrégularités ayant occasionné un préjudice estimé à plus de 213 milliards de francs guinéens pour le Trésor public.
Le substitut du procureur spécial, Ousmane Sano, a également attiré l’attention de la Cour sur le patrimoine attribué à l’ancien ministre. Il a notamment évoqué plusieurs biens immobiliers situés à Conakry et à l’intérieur du pays, ainsi que des exploitations agricoles. Pour l’accusation, l’ampleur de ce patrimoine serait difficilement compatible avec les revenus officiellement déclarés par l’ancien responsable gouvernemental au cours de sa carrière.
Au regard de la gravité des faits reprochés et des conclusions de l’enquête, le parquet a requis une peine de dix ans d’emprisonnement, assortie d’une amende de 50 milliards de francs guinéens. Le ministère public a également demandé à la Cour de décerner un mandat d’arrêt contre le prévenu.
À l’issue des débats, la juridiction présidée par Alpha Camara a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 1er juillet prochain, une échéance qui pourrait constituer une étape décisive dans cette procédure judiciaire.

