Détenu depuis le 12 mai dernier, Almamy Condé est poursuivi devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) pour détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. À l’audience de ce mercredi 10 juin, le parquet spécial a requis dix ans d’emprisonnement ainsi qu’une amende de 50 milliards de francs guinéens à l’encontre de l’ancien gestionnaire du compte de contrepartie du Trésor public.
Au cours de cette audience consacrée aux réquisitions et aux plaidoiries, le substitut du procureur spécial, Pierre Sègbè Kamano, a exposé les éléments retenus par l’accusation.
Selon le magistrat, les poursuites ont été engagées à la suite d’une dénonciation anonyme reçue le 27 avril 2026. Cette dénonciation a conduit le parquet spécial à ouvrir une enquête afin de vérifier les faits allégués.
Les investigations menées ont permis, selon l’accusation, de mettre au jour un important patrimoine attribué à Almamy Condé. Parmi les biens recensés figurent plusieurs immeubles situés à Conakry, notamment à Kountia, Boulbinet, Matoto et Kipé, ainsi que deux stations-service à Kankan et Dubréka, une carrière de granite, une ferme avicole et un parc automobile.
Pour le parquet, la principale interrogation porte sur l’origine des ressources ayant servi à financer ces acquisitions. Le ministère public soutient que le prévenu n’a fourni aucune explication suffisamment crédible au cours des débats. Pierre Sègbè Kamano a notamment souligné le décalage qu’il juge important entre les revenus officiels de l’accusé, estimés à environ quatre millions de francs guinéens par mois, et l’ampleur du patrimoine qui lui est attribué.
Estimant les faits suffisamment établis, le parquet a demandé à la Cour de déclarer Almamy Condé coupable de l’ensemble des infractions visées dans la procédure. En plus de la peine d’emprisonnement et de l’amende requises, il a sollicité la confiscation de tous les biens identifiés au cours de l’enquête.
De son côté, Almamy Condé rejette les accusations portées contre lui. L’ancien responsable du compte de contrepartie du Trésor public affirme que sa fortune provient d’investissements réalisés dans le secteur agricole.

