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Usurpation et atteinte à la santé publique: la CRIEF condamne Amadou Kourouma à 18 mois

Après plusieurs mois de procédure devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Amadou Kourouma, connu sous le surnom d’« Alpha Condé », a été fixé sur son sort ce lundi 8 juin. La Chambre de jugement l’a condamné à une peine de 18 mois d’emprisonnement, dont 10 mois assortis de sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de 5 millions de francs guinéens.
Placée sous mandat de dépôt depuis le 9 octobre 2025, le prévenu a été reconnue coupable des faits d’usurpation et d’atteinte à la santé publique. Son procès, ouvert le 20 mai dernier devant la juridiction spéciale, a permis d’établir sa responsabilité dans une affaire liée à la détention et à la commercialisation illégale de produits pharmaceutiques.
Au cours des audiences, Amadou Kourouma a partiellement reconnu les faits. À la barre, il a déclaré avoir vendu cinq des quinze cartons de médicaments destinés au traitement de la grippe qu’il détenait depuis 2024. Ces produits avaient été écoulés au grand marché de Madina.
Selon ses explications, les médicaments provenaient du magasin d’un certain Mohamed Nabé, son ancien employeur chez qui il travaillait comme manutentionnaire avant la fermeture des dépôts pharmaceutiques de Madina. Après cette fermeture, le propriétaire du dépôt aurait quitté les lieux sans récupérer sa marchandise.
Le prévenu a expliqué que le bailleur du magasin, désireux de reprendre possession de son local, lui avait demandé de procéder à son évacuation. Avec l’aide de son ami Alhassane Touré, il aurait alors récupéré quinze cartons de produits pharmaceutiques qu’ils ont conservés avant d’en revendre une partie.
Toujours selon ses déclarations, cinq cartons ont été cédés au prix de 110 000 francs guinéens l’unité. Il affirme n’avoir pas eu le temps de vendre le reste de la marchandise avant son arrestation. Amadou Kourouma soutient également avoir été interpellé après avoir refusé de remettre une somme de 150 000 francs guinéens à un agent.
Devant les juges, il a justifié ses actes par les difficultés économiques auxquelles il faisait face. Il a notamment évoqué la baisse de ses revenus consécutive à l’interdiction de la vente de produits pharmaceutiques par des personnes non habilitées ainsi qu’à la disparition de son ancien employeur.
Lors des réquisitions, le ministère public avait demandé une peine d’un an d’emprisonnement contre le prévenu. De son côté, la défense, assurée avait plaidé coupable tout en sollicitant de larges circonstances atténuantes, invoquant la situation sociale et économique de son client.
En prononçant son verdict, la CRIEF a finalement retenu la culpabilité d’Amadou Kourouma pour les infractions poursuivies, tout en accordant un sursis partiel sur la peine d’emprisonnement.
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