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Élections du 31 mai : le BL dénonce de graves irrégularités et saisit la Cour suprême

Le Bloc Libéral (BL) de Dr Faya Lansana Millimouno hausse le ton contre le déroulement des élections législatives et communales du 31 mai 2026. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 3 juin à son siège, le parti a dénoncé ce qu’il qualifie de « violations systématiques » du Code électoral et a annoncé son intention de saisir les juridictions compétentes, notamment la Cour suprême, tout en formulant plusieurs recommandations à l’endroit des autorités électorales.
Face aux médias, les responsables du BL ont exprimé leur vive préoccupation quant aux conditions de dépouillement et de centralisation des résultats à travers le pays. Selon eux, plusieurs dispositions essentielles du Code électoral, notamment les articles 89, 90, 91, 110 et 290, auraient été bafouées dans de nombreuses circonscriptions.
Le parti affirme avoir reçu des informations provenant de plusieurs préfectures, communes urbaines et rurales faisant état de pratiques contraires aux règles électorales en vigueur.
« Les articles concernés prévoient que le dépouillement doit être effectué dans chaque bureau de vote immédiatement après la clôture du scrutin, sous le contrôle des représentants des candidats et des partis en compétition. Ils garantissent également l’affichage et la remise des procès-verbaux ainsi que la participation des représentants des compétiteurs à toutes les étapes du processus », a rappelé le BL.
Des opérations jugées opaques
 
Selon Oumar Sanoh, président du Bloc Libéral, ces garanties légales n’ont pas été respectées dans plusieurs localités du pays.
Le responsable politique affirme que des urnes auraient été transportées vers des centres de centralisation sans dépouillement préalable dans les bureaux de vote. Il dénonce également l’exclusion de représentants de partis politiques lors de certaines opérations électorales ainsi que l’absence d’affichage des procès-verbaux et l’inaccessibilité des feuilles de dépouillement.
« La centralisation des résultats est ainsi transformée en une opération opaque qui se substitue illégalement au dépouillement lui-même », a-t-il déclaré, estimant que cette pratique est contraire aussi bien au Code électoral qu’aux principes universels de transparence électorale.
Une menace pour la crédibilité du scrutin
 
Pour le Bloc Libéral, ces irrégularités compromettent sérieusement la possibilité de vérifier la sincérité des résultats électoraux.
Le parti estime que lorsque les urnes quittent les bureaux de vote sans dépouillement public et que les procès-verbaux ne sont ni affichés ni remis aux représentants des candidats, il devient impossible de garantir la conformité des résultats proclamés avec les suffrages réellement exprimés par les électeurs.
« Ces violations retirent au scrutin toute présomption de transparence, affaiblissent sa crédibilité et créent les conditions d’une contestation généralisée des résultats », a soutenu Oumar Sanoh.
Les exigences du Bloc Libéral
 
Face à cette situation, le BL appelle les autorités compétentes à prendre une série de mesures urgentes. Le parti réclame notamment :
● La suspension immédiate des opérations de centralisation effectuées en violation des dispositions légales ;
● La publication de directives contraignantes rappelant l’obligation de procéder au dépouillement dans chaque bureau de vote avant tout transfert des urnes ;
● La remise immédiate des procès-verbaux aux représentants des partis et candidats ;
L’accès sans restriction aux feuilles de dépouillement, listes d’émargement et autres documents électoraux ;
● La présence effective des représentants des compétiteurs à toutes les étapes de la centralisation ;
● L’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les irrégularités signalées ;
●La conservation sous scellés de l’ensemble des documents électoraux afin de faciliter d’éventuels recours et vérifications.
Un recours judiciaire envisagé
 
Le Bloc Libéral prévient enfin qu’il entend utiliser toutes les voies légales pour faire valoir ses droits. Le parti annonce notamment la saisine prochaine de la Cour suprême et d’autres juridictions compétentes afin de contester les irrégularités qu’il dit avoir constatées.
« Les résultats issus d’un processus conduit en violation manifeste du Code électoral ne sauraient bénéficier de la présomption de régularité attachée à une consultation démocratique transparente. La souveraineté du peuple ne peut être confisquée par des procédures opaques », a conclu Oumar Sanoh.
Le parti appelle ainsi les institutions électorales et les autorités concernées à prendre leurs responsabilités afin de préserver la crédibilité du processus électoral et la confiance des citoyens dans les résultats qui seront proclamés.
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