À peine les opérations de vote achevées, les premières tensions post-électorales sont apparues à Beyla, en Guinée forestière. À Samana et Sinko, des violences ont éclaté alors même que les opérations de centralisation des résultats du double scrutin législatif et communal du 31 mai se poursuivaient.
Selon le préfet de Beyla, le colonel Idrissa Camara, les troubles sont liés à des proclamations prématurées de victoire avant la publication officielle des résultats. « Ce que vous dites est effectif. Plus particulièrement à Samana, où il y a encore beaucoup plus de violence et à Sinko », a-t-il confirmé.
À Samana, la situation a rapidement dégénéré. Le domicile d’un ancien maire a été incendié après que ce dernier se serait autoproclamé vainqueur avant la fin du processus électoral. Face à l’escalade des tensions, les autorités ont dû intervenir pour sécuriser les agents électoraux et les documents de vote.
« On a même été obligés d’envoyer l’escadron mobile et la CMIS pour essayer d’enlever le juge qui est là-bas et les membres du bureau de vote pour les envoyer à Beyla, afin de finaliser les opérations », a expliqué le préfet.
Pour l’autorité préfectorale, cet incendie ne peut être justifié par le contexte électoral. « L’incendie est criminel et cela n’a rien à voir avec les votes », a insisté le colonel Idrissa Camara, annonçant qu’une enquête est en cours, pour identifier les auteurs.
À Sinko, la tension est restée plus contenue. Des citoyens ont brûlé des pneus pour exprimer leur mécontentement, mais les procès-verbaux ont été sécurisés. « Les procès-verbaux sont sécurisés (…) il y a eu plus de peur que de mal, parce que la situation a été vite maîtrisée », a rassuré le préfet.
Au-delà des incidents, ces violences révèlent la fragilité de la phase post-électorale, souvent plus sensible que le jour du vote lui-même. Alors que les résultats définitifs ne sont pas encore connus, les autorités appellent les acteurs politiques et leurs partisans à faire preuve de retenue et à privilégier les recours légaux, en cas de contestation.
« Les gens n’ont qu’à suivre la procédure et rester sereins (…) qu’ils attendent le verdict final », a exhorté le préfet, mettant en garde contre toute tentative de division ou de récupération politique, susceptible d’alimenter davantage les tensions.

