Des Turcs auraient acheté plusieurs vaches (100 voire 200 têtes, selon les sources) qui auraient été destinées à l’abattage et à la distribution dans des villes comme Labé et Pita. Ceci dans l’objectif de toucher le maximum de personnes possible à l’occasion de la fête de Tabaski. L’opération s’est passée ainsi, sauf que des individus mal intentionnés auraient détourné une bonne partie de cette viande qu’ils auraient orientée vers les frigos de poisson de Labé dans l’optique de la revendre après la fête et de partager discrètement le butin.
Malheureusement pour eux, une bonne partie de la viande qu’ils ont orientée vers la boucherie ce mardi 2 juin 2026 était en phase de décomposition avancée. Ils ont voulu user de l’autorité du président des bouchers pour obliger ces derniers à revendre cette viande à la population. Leur subterfuge s’est heurté à la résistance de certains bouchers qui ont catégoriquement refusé de revendre la viande en question.
« Ce matin, j’ai dépêché mes employés à l’abattoir avec une vache. Sur place, le vétérinaire leur a dit que le président des bouchers avait donné l’ordre de ne pas abattre ce jour. J’ai appelé le président qui m’a dit qu’El hadj Kokouma avait envoyé de la viande en provenance de Pita, et qu’il fallait vendre cette viande aujourd’hui. J’ai dit non, je ne peux pas vendre une viande qui a été offerte à tout le monde, parce que ce sont des Turcs qui ont acheté les bêtes avec El hadj Kokouma. Ces bêtes ont été abattues et devaient être distribuées à la population », explique un boucher qui a requis l’anonymat au micro de Guinéenews.
Et de poursuivre :
« Mais ils ont gardé une partie de cette viande dans des frigos pour la sortir aujourd’hui et nous demander de la vendre afin qu’ils empochent l’argent. J’ai dit non et ils n’ont pas accepté de me laisser travailler. En vérité, la viande en question s’est décomposée. Mais bien avant, j’avais décidé de ne pas revendre cette viande qui devait être distribuée à tout le monde lors de la fête de Tabaski. Actuellement, notre président, le vétérinaire et celui qui a envoyé la viande sont tous au niveau de la brigade de recherche ».
En réponse, Boubacar Kanté, président des bouchers de Labé, dénonce d’abord le désordre orchestré par les bouchers lors de la fête de Tabaski. Certains d’entre eux ont vendu le kilogramme de viande jusqu’à 90 000 GNF.
« D’abord, toute la boucherie de Labé est en crise parce qu’ils n’ont pas respecté le prix fixé par l’autorité. Ils ont vendu n’importe comment lors de la fête. Mais comme la viande se vendait partout, même dans les quartiers, on a laissé faire. Maintenant, au niveau de la boucherie que je gère directement, on a décidé que personne ne vendra le kilogramme à plus de 60 000 GNF », entame-t-il.
Revenant au sujet du jour, Boubacar Kanté parle de sabotage.
« Il a envoyé cette viande pour nous dire de la revendre à 55 000 GNF. Donc, on attend le vétérinaire pour qu’il inspecte la viande en question avant sa commercialisation. Le vétérinaire est venu constater que la viande était mal conservée au frigo, qui n’était certainement pas allumée, et la viande a noirci. Le vétérinaire a demandé de s’en débarrasser. Le reste de la viande était en bon état et il a dit qu’on peut la vendre. Ce sont deux bouchers qui sont à la base de cette polémique, c’est Alpha Moussa et Mamadou Dian Sow. Ils voulaient vendre cette viande à 80 000 GNF alors qu’on a demandé à tout le monde de la vendre à 55 000 GNF », ajoute le président des bouchers de Labé.

