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Nécrologie : Diallo Souleymane, le « Lynx » de la presse guinéenne, a tiré sa révérence

La presse guinéenne est en deuil. Nous apprenons avec une profonde tristesse le décès, au Canada, de Diallo Souleymane, fondateur du Groupe de presse Le Lynx-La Lance, de la défunte radio Lynx FM, et figure respectée du journalisme indépendant en Guinée. Cette disparition marque la fin d’un chapitre majeur de l’histoire des médias guinéens.

Précurseur de la presse privée, Diallo Souleymane aura consacré sa vie à la défense de la liberté d’expression, du droit à l’information et de l’esprit critique. Après des années d’exil et une riche expérience professionnelle à l’étranger, notamment en Côte d’Ivoire, il rentre en Guinée au début des années 1990 pour participer à l’avènement du pluralisme médiatique. En 1992, il fonde Le Lynx, hebdomadaire satirique devenu une véritable institution, avant de lancer La Lance puis d’autres médias qui feront école dans le paysage audiovisuel et de la presse écrite guinéenne.

Sous sa direction, Le Lynx s’est imposé comme une référence, alliant humour, satire, investigation et engagement citoyen. Malgré les intimidations, les procès, les arrestations et les nombreuses pressions subies au fil des décennies, Diallo Souleymane n’a jamais renoncé à son combat pour une presse libre et indépendante.

Au-delà du journaliste, c’est un formateur, un mentor et un bâtisseur qui s’en va. Plusieurs générations de reporters, chroniqueurs et éditorialistes ont bénéficié de ses conseils, de son exigence professionnelle et de sa passion pour le métier.

Avec sa disparition, la Guinée perd l’un des pionniers qui ont contribué à arracher et à consolider les espaces de liberté dont jouissent aujourd’hui les médias. Son nom restera à jamais associé à l’audace journalistique, à l’indépendance d’esprit et à la résistance face aux tentatives de musellement de la presse.

À sa famille, à ses collaborateurs du Groupe Le Lynx-La Lance, ainsi qu’à l’ensemble de la corporation médiatique, nous adressons nos sincères condoléances.

Adieu, doyen. Le Lynx s’est éteint, mais son rugissement continuera de résonner dans les rédactions guinéennes et dans la mémoire collective de tous ceux qui croient à la force de la plume.

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