Le président d’honneur du Bloc Libéral (BL), Faya Millimouno, a accompli son devoir civique ce dimanche 31 mai à l’école primaire Koichiro d’Enta Fassa, à l’occasion des élections législatives et communales. À sa sortie du bureau de vote, l’acteur politique s’est félicité d’avoir participé au scrutin tout en faisant état de plusieurs dysfonctionnements signalés dans différentes localités du pays.
« C’est un sentiment de satisfaction », a-t-il déclaré après avoir voté pour les candidats qu’il souhaite voir représenter la commune de Tombolia ainsi que les citoyens guinéens à l’Assemblée nationale.
« D’abord, c’est un sentiment de satisfaction que j’ai pu voter pour celui que je veux qu’il soit le maire de la commune que j’habite, la commune de Tombolia. J’ai aussi voté pour celui que je veux qu’il représente, n’est-ce pas, la commune de Tombolia, à l’Assemblée nationale. Et j’ai naturellement voté pour celui que je veux comme candidat sur la liste nationale pour être à l’hémicycle, pour défendre le peuple de Guinée. C’est donc un sentiment de satisfaction pour cet acte civique que je viens de poser », a déclaré Faya Millimouno.
Interrogé sur les constats effectués sur le terrain, le leader politique affirme avoir reçu plusieurs alertes dans plusieurs endroits du pays concernant des insuffisances dans certains bureaux de vote.
« Ce que nous avons constaté, c’est que déjà, avant que je ne sois ici, j’ai parlé avec le quartier général qui est au siège du parti. On nous signale qu’il y a des listes de d’émargement qui manquent par endroits. Il y a des listes d’enregistrement de vote par procuration qui manquent par endroits. Il y a des listes de vote par dérogation qui manquent par endroits. Ici, ce que j’ai constaté, c’est que tout est complet. Cela m’a été confirmé par le président du bureau de vote qu’ici tous les documents sont complets.
Nous avons quand même le souci que dans beaucoup d’autres endroits, on nous dit qu’il n’y a même pas de PV encore sur place. Or, c’est après le vote que le document doit être fait sur place, que le PV soit rempli et une copie affichée. C’est ce que la loi dit. Si déjà, on constate que parmi le matériel qui a été fourni, il n’y a pas de PV, pour certains scrutins, il y a des inquiétudes qu’il faut avoir », a-t-il expliqué.
Des incidents signalés dans la préfecture de Guéckédou
Évoquant les zones concernées par ces signalements, Faya Millimouno a notamment cité un incident survenu dans la préfecture de Guéckédou.
« J’ai eu par exemple un appel d’un secteur de Bolodou où on nous a signalé déjà que le délégué du Bloc libéral a été chassé de la salle. J’ai appelé la directrice préfectorale des questions électorales de Guékedou qui m’a confirmé avoir appelé pour régler cela et j’ai vérifié qu’effectivement notre délégué a été reçu. Mais déjà que l’on sache qu’on peut être capable de sortir de la salle quelqu’un qui représente une entité politique en compétition, c’est un manquement déjà très grave. Nous avons également obtenu plusieurs bureaux de vote notamment à Guekédou où on nous a signalé qu’il y a des éléments qui manquent comme le PV par exemple. Il y a des gens qui arrivent, qui ont été à la commune, qui ont été à leur district pour savoir si leurs cartes d’électeurs sont arrivées », a-t-il révélé.
Le président du Bloc Libéral a également soulevé des interrogations sur l’évolution du fichier électoral annoncé pour ces élections.
« C’est-à-dire que de 6,7 millions d’électeurs à la présidentielle, nous venons de voir le fichier grimper à 9,4 millions d’électeurs. Et pour une population de 17 millions d’habitants, c’est un ratio qui n’existe nulle part dans le monde. C’est-à-dire que vous pouvez comparer avec le fichier au Sénégal, en Sierra Leone, au Libéria, en Côte d’Ivoire, il n’y a pas ce ratio où plus de 50% de la population d’un pays peut avoir le droit de voter. Ce que je vois maintenant, ce n’est pas très encourageant. Nous sommes sur le terrain un peu partout. Je vais prendre des informations avec les collègues qui sont à travers la ville de Conakry, à travers l’intérieur du pays, pour savoir effectivement quelle est l’affluence. Parce qu’on ne va pas nous sortir des chiffres du genre 99% ont participé au vote, alors que maintenant là, nous constatons qu’il y a effectivement un vide », a conclu Faya Millimouno.

