Plusieurs enfants âgés de moins de 18 ans ont été interpellés dans la nuit du vendredi au samedi 23 mai 2026 à Conakry, au cours d’une patrouille nocturne mixte organisée par le procureur spécial près le Tribunal pour Enfants de Guinée.
Baptisée « zéro enfants dans la rue », cette opération a été conduite par les agents de la police et de la gendarmerie sous la supervision du procureur spécial Cé Avis Gamis.
Selon les autorités judiciaires, la patrouille s’est déroulée dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment dans les communes de Ratoma et de Lambanyi. Des lieux publics tels que des bars, plages et restaurants ont été ciblés au cours de cette descente nocturne.
À l’issue de l’opération, plusieurs mineurs ont été interpellés, dont un enfant retrouvé en possession de stupéfiants. Le procureur spécial a indiqué que ces enfants « seront entendus sur procès-verbal et leurs parents seront jugés devant les juridictions compétentes ».
Face à la presse, Cé Avis Gamis a expliqué les motivations de cette initiative, insistant sur la responsabilité parentale.
« Cette opération vise à lancer un message à l’endroit des parents. Comme pour dire que les parents doivent s’occuper des enfants. Les parents doivent garder jalousement et soigneusement les enfants à la maison. Et la maison est le lieu le plus sûr, la maison c’est la forteresse des enfants, et non la rue », a-t-il déclaré.
Le magistrat a également regretté la présence de très jeunes enfants dans les rues tard dans la nuit, parfois dans des environnements jugés inadaptés à leur développement.
« Il faut se dire que le constat est amer sur le terrain, d’autant plus que le résultat en dit long. Imaginez des petits enfants de 5 ans à 12 ans qui doivent être au lit se retrouvent à la belle étoile, tard la nuit. Ça, c’est vraiment regrettable ! Et l’endroit même où certains enfants se trouvaient, ne sont pas des endroits propices pour leur développement harmonieux. Ce ne sont pas des endroits qui puissent permettre à ces enfants vraiment d’évoluer convenablement. Ce constat est vraiment amer », a regretté le procureur.
Poursuivant, il a réaffirmé la volonté des autorités judiciaires de lutter contre la présence des enfants dans les rues de Conakry. « Nous estimons avec force et certitude, qu’il y aura zéro enfant dans la rue de Conakry. Parce qu’il faut vraiment lutter efficacement contre ce phénomène qui gangrène notre société. Les enfants, leur milieu, tard la nuit, ce n’est pas la rue, c’est la maison », a-t-il ajouté.
Concernant les suites judiciaires, le procureur spécial a précisé que les parents des enfants interpellés seront principalement visés par les procédures engagées.
« Celui qui a été interpellé en possession de stupéfiant, il sera mis devant ses responsabilités. En ce qui concerne les enfants interpellés, comme on l’a toujours dit, ce sont les parents qui sont dans nos viseurs. Parce que ce sont eux qui manquent à leurs obligations de veiller, de protéger leurs enfants. Donc tous ceux qui sont interpellés, dont les parents sont présents seront entendus sur procès-verbal, comme on l’a déjà commencé à Kaloum, et ceux qui n’ont pas leurs parents, les parents vont venir, c’est obligatoire et la procédure sera faite en bonne et due forme », a-t-il expliqué.
Le procureur Cé Avis Gamis a, enfin, annoncé l’ouverture prochaine de procédures judiciaires dans plusieurs juridictions de Conakry.
« Les prochains jours, il y aura une suite judiciaire. Je crois que même les journalistes seront sur les lieux pour couvrir ces différents procès qui se tiendront dans les différentes juridictions de Conakry. C’est une opération permanente. Nous allons continuer. Ce sont les parents qui seront jugés. Les enfants subissent juste la négligence de leurs parents qui ont manqué à leur obligation », a-t-il conclu.

