Réunie en assemblée générale extraordinaire ce jeudi 21 mai à la Bourse du Travail de Kaloum, la Fédération Syndicale Autonome des Télécommunications (FESATEL) a dressé un tableau sombre du secteur des télécoms et du numérique en République de Guinée. Devant les travailleurs et les acteurs du secteur, le syndicat a dénoncé une série de décisions jugées dangereuses pour l’avenir numérique du pays, appelant les autorités à agir d’urgence.
FTTH et Wifi Zones, le coup de frein numérique
Dans la déclaration lue par le secrétaire général adjoint de la FESATEL, Gerôme Haba, le syndicat a vivement critiqué les restrictions imposées à l’exploitation du FTTH (Fiber To The Home). Pour l’organisation, brider cette technologie indispensable au haut débit freine l’innovation, les investissements et le taux de pénétration d’Internet en Guinée.
Parallèlement, l’interdiction des « Wifi Zones » –sans mesures d’accompagnement pour les exploitants légalement approvisionnés– passe mal. La FESATEL déplore une décision qui plonge de nombreux travailleurs dans la précarité et pénalise lourdement les étudiants à faibles revenus, privés de leur principal outil d’accès aux ressources universitaires.
Areeba et Cellcom, l’emploi en péril
Si la FESATEL salue le rachat d’Areeba Guinée SA par l’État pour sauver les emplois, elle exige désormais une vision claire. Le syndicat réclame un partenariat stratégique crédible et un calendrier transparent pour stopper la vague de démissions et l’inquiétude grandissante des salariés.
La situation est encore plus alarmante chez Cellcom Guinée SA. Le syndicat pointe du doigt les zones d’ombre entourant le rachat de l’entreprise (licence, continuité des activités, sauvegarde des emplois) et dénonce une nette détérioration des conditions de travail. Selon la FESATEL, les salaires sont désormais versés avec d’importants retards –atteignant parfois 45 jours– en violation flagrante du Code du travail, le tout sur fond de baisses de revenus et de licenciements économiques.
Enfin, la fédération tape du poing sur la table concernant le non-respect du protocole d’accord signé le 19 août 2021. Elle exige l’ouverture immédiate du cadre permanent de dialogue sectoriel et le respect des engagements de l’ARPT (Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications) relatifs au renforcement des capacités des membres de la FESATEL.
Le message est clair : sans réaction rapide de l’État et des opérateurs, le secteur pourrait rapidement basculer dans le conflit social.

