Après Mamou et Kindia, la campagne de vulgarisation et de diffusion de la Facilité de Développement des Compétences (FDC) s’est poursuivie à Conakry. À travers un atelier organisé le vendredi 8 mai 2026 avec l’appui de l’Union européenne et d’Enabel, l’Office National de Formation et de Perfectionnement Professionnel (ONFPP), a sensibilisé les acteurs de la formation professionnelle et du secteur privé sur ce mécanisme innovant destiné à renforcer l’employabilité des jeunes et la compétitivité des petites entreprises en Guinée.
Organisée notamment à l’intention, des entreprises, des organisations professionnelles, des partenaires institutionnels et des centres de formation, la rencontre a permis de présenter le manuel de procédures de la FDC, véritable référence pour la mise en œuvre du dispositif. Ce projet pilote ambitionne de réduire le décalage persistant entre l’offre de formation et les besoins réels du marché du travail.
Coordinateur du dispositif de la Facilité de Développement des Compétences pour l’ONFPP, Oumar KABA a rappelé la vocation première du dispositif :
« La Facilité de Développement des Compétences est un mécanisme de financement de la formation professionnelle qui repose sur trois acteurs clés : les autorités publiques, les entreprises privées et les centres de formation », a-t-il expliqué.
La FDC prévoit de toucher près de 800 bénéficiaires dans les zones de Kindia, Mamou et du Grand Conakry, dont 300 petites entreprises formelles, 150 jeunes diplômés sans emploi et 350 artisans. Une attention particulière est accordée aux PME, souvent exclues des mécanismes classiques de financement.
« L’essentiel de l’économie guinéenne repose sur les PME. Grâce à l’appui de l’Union européenne et de la Belgique, nous voulons rendre ces entreprises plus compétitives et faciliter l’insertion des jeunes diplômés », a souligné le coordinateur.
De son côté, Nyankoye KOLIE, expert en développement des compétences pour Enabel, a mis en lumière les défis structurels du tissu économique guinéen.
« Les micros et petites entreprises, les artisans et les acteurs informels constituent la première source d’emploi en Guinée, mais ils ont un accès limité à la formation continue et à des compétences adaptées aux besoins du marché », a-t-il rappelé.
Pensée comme un mécanisme national structuré, équitable et durable, la FDC vise à financer des formations ciblées, adaptées aux réalités économiques locales.
Présidant l’atelier, le Directeur général de l’ONFPP, Mohamed Lamine KEITA, a souligné l’importance stratégique du document présenté :
« Ce manuel définit les orientations, les procédures ainsi que les mécanismes de gestion nécessaires à une application harmonisée du dispositif », a‑t‑il indiqué, avant d’inviter les participants à s’approprier les outils et à contribuer activement à l’amélioration du dispositif.
Cette initiative s’inscrit pleinement dans les priorités du Programme d’Appui à l’Insertion et à l’Emploi Décent par la Formation Professionnelle – programme cofinancé par l’Union européenne, l’Agence française de développement (AFD) et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), et mis en œuvre par l’AFD, la GIZ et Enabel – et du projet Formation, Insertion, Emploi et Résilience – financé par le Royaume de Belgique – qui œuvrent en faveur d’une formation professionnelle inclusive, favorisant un accès équitable des femmes et des hommes à des compétences porteuses d’emploi.
À travers cette action, le ministère de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (MENA‑ETFP), l’Union européenne et Enabel confirment leur engagement à bâtir un lien durable entre les besoins du secteur privé et les offres de formation professionnelle, avec pour objectif central : l’accès des jeunes l’emploi décent et la montée en compétences des travailleurs guinéens.

