
Ces audiences se tiennent du 13 au 18 mai 2026 à Conakry. En parallèle, plusieurs activités de sensibilisation réunissent magistrats, avocats, étudiants en droit, membres du gouvernement et représentants d’institutions communautaires autour de sessions techniques, de débats interactifs et de dialogues judiciaires.
À l’ouverture des travaux, le greffier en chef de la Cour de justice de la CEDEAO, le Dr Yaouza Ouro-Sama, a remercié les autorités guinéennes pour l’accueil réservé à la délégation communautaire, saluant leur implication dans l’organisation de l’événement.
« Je rappelle que la Cour de justice de la CEDEAO constitue le principal organe judiciaire de la Communauté. Elle intervient notamment dans les litiges liés à l’interprétation des textes communautaires, aux droits de l’homme, aux différends administratifs et à l’arbitrage. Son mandat le plus important est sans aucun doute celui relatif aux droits de l’homme. Près de 90 à 95 % des affaires introduites devant la Cour concernent des violations des droits fondamentaux », a-t-il affirmé.
Pour sa part, le représentant du ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger a souligné la portée symbolique et juridique de ces audiences hors siège organisées à Conakry.
« Elle traduit la volonté de la CEDEAO de rapprocher davantage la justice communautaire des citoyens ouest-africains, afin de garantir un meilleur accès aux droits, à la justice et à la protection des droits fondamentaux », a-t-il indiqué.
Le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, a, pour sa part, estimé que la tenue de ces audiences en Guinée témoigne de l’engagement de la CEDEAO à renforcer l’État de droit et l’intégration juridique dans l’espace sous-régional.
« La tenue de cette audience hors siège dans notre pays, pour la première fois, constitue un témoignage éloquent de l’engagement de la CEDEAO à rapprocher la justice communautaire des citoyens guinéens », a-t-il déclaré.
De son côté, le président de la Cour de justice de la CEDEAO, le juge Ricardo C. M. Gonçalves, a rappelé que la Cour offre un accès direct aux particuliers et aux organisations non gouvernementales pour certaines affaires relatives aux droits humains.
« Ce mécanisme a ouvert les portes de la justice régionale aux citoyens ordinaires et renforcé la confiance dans la responsabilité supranationale. La Cour a rendu plus de 200 arrêts depuis le début de ses activités en 2003, notamment dans les domaines des droits de l’homme, des détentions illégales, des litiges électoraux, de la liberté d’expression et des questions environnementales », a-t-il souligné.
Avant de déclarer officiellement ouverte la mission de sensibilisation et de communication de la CEDEAO en République de Guinée, le premier président de la Cour suprême de Guinée, Fodé Bangoura, a estimé que cette rencontre contribue à renforcer l’appropriation du droit communautaire par les acteurs nationaux.
« La Cour de justice de la CEDEAO constitue un instrument essentiel de garantie de l’État de droit, de protection des droits humains et de régulation des rapports entre les États membres, les institutions communautaires et les citoyens », a-t-il déclaré.

