Trois agentes de santé du centre de santé de Soyah ont comparu ce mardi 12 mai devant le tribunal de première instance de Mamou, pour répondre des faits de non-assistance à une femme en instance d’accouchement. Il s’agit de Maïmouna Djiba Sow, Maningbè Kandè et Cécile Balamou.
À la barre, les prévenues ont reconnu les faits, chacune à des degrés de responsabilité différents dans la commission de l’infraction. Au cours de l’audience, la partie civile a annoncé son désistement par écrit devant les magistrats.
Dans ses réquisitions, le procureur de la République a demandé contre Maïmouna Djiba Sow et Cécile Balamou une peine de deux ans d’emprisonnement dont 23 mois assortis de sursis, ainsi qu’une amende de 15 millions de francs guinéens chacune. Contre Maningbè Kandè, cheffe du centre de santé, le ministère public a requis deux ans d’emprisonnement entièrement assortis de sursis et une amende de 10 millions de francs guinéens.
Le président du tribunal a renvoyé l’affaire au 19 mai prochain pour le délibéré.
Pour rappel, les faits remontent à la nuit du samedi 2 mai dernier. Aux environs de 23 heures, Madame Fatoumata Diallo s’était rendue au centre de santé de Soyah pour accoucher. Selon les informations rapportées, les agentes présentes sur les lieux ne lui auraient apporté aucune assistance. La parturiente avait finalement accouché à la devanture du centre de santé.
L’affaire avait provoqué une vive indignation dans la localité, dès le lendemain. Face à l’ampleur des réactions, la Direction préfectorale de la santé de Mamou s’était saisie du dossier. La mère et son nouveau-né avaient ensuite été pris en charge à l’hôpital régional de Mamou.
Dans la foulée, la cheffe du centre de santé a été remplacée. Les deux autres agentes ont été interpellées par les services de sécurité, avant d’être transférées devant le tribunal de Mamou, puis placées sous mandat de dépôt.
Cette affaire relance le débat sur les conditions d’accueil et la responsabilité du personnel soignant dans les structures sanitaires publiques, notamment dans les zones rurales où les populations restent fortement dépendantes des centres de santé de proximité.

