La Guinée veut accélérer l’exécution des projets financés par les bailleurs. La revue annuelle des portefeuilles actifs des projets et programmes d’investissement public financés par les partenaires techniques et financiers a été officiellement lancée ce mercredi 7 mai 2026 dans un complexe hôtelier de Conakry.
Cette rencontre a réuni les représentants de plusieurs institutions financières internationales et membres du gouvernement autour d’un objectif commun : améliorer la performance des projets de développement et accélérer les taux de décaissement des financements mobilisés pour la Guinée.
« Un certain nombre de critères ont été définis, mis en place et déroulés. Il s’agit du critère acquisition, du critère gestion financière, du critère décaissement, du critère gestion administrative et suivi-évaluation », a-t-il indiqué.
Selon lui, un nouveau paramètre a été ajouté cette année : l’atteinte des indicateurs de développement. « Sur les exercices précédents, ce critère n’a pas été pris en compte. Mais l’exercice qui s’annonce, certainement ce critère sera pris en compte pour justement nous permettre d’évaluer l’impact de ces projets sur nos populations », a précisé Dr Touré, estimant que cette approche permettra de mieux mesurer les résultats concrets des investissements publics.
Le représentant de la Banque mondiale a rappelé que les institutions partenaires disposent actuellement d’environ 5 milliards de dollars d’investissements en Guinée, alors que les taux de décaissement dépassent rarement les 50 %.
« Chaque dollar non décaissé, c’est un accord non consulté. C’est un service de santé retardé, c’est une opportunité économique qui ne se réalise pas. Et ça, c’est notre responsabilité », a-t-il déclaré.
Pour illustrer les conséquences concrètes des lenteurs administratives, Issa Diaw a évoqué le cas de jeunes filles contraintes de parcourir de longues distances pour chercher de l’eau, au détriment de leur scolarité.
« Aujourd’hui encore, on a des petites filles qui font la corvée d’eau à 4h, 5h ou 20h, mais qui n’arrivent pas à être performantes à l’école. Pourtant, on a des ressources pour les supporter », a-t-il regretté.
Le représentant de la Banque mondiale a également attiré l’attention sur les défis liés au programme Simandou 2040, estimant que l’ampleur des investissements attendus exigera des mécanismes de coordination plus robustes.
« Pour la première vague de Simandou qui va à 50 milliards de dollars, il va falloir qu’on ait une structure beaucoup plus solide pour non seulement élaborer les projets, mais les mettre en œuvre de manière efficace », a-t-il souligné.
Selon elle, l’objectif est notamment de dresser l’état des lieux des portefeuilles actifs, restituer les résultats des évaluations des contrats de performance des unités de gestion des projets, identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et proposer des mesures correctives.
La ministre a révélé que les neuf principaux bailleurs concernés par cette revue financent actuellement 53 projets et programmes en Guinée, pour un montant global proche de 4 milliards de dollars américains, avec un taux moyen de décaissement de 47,15 %.
Dans le détail, le portefeuille du groupe de la Banque mondiale comprend 12 projets pour un engagement total de 1,127 milliard de dollars, avec un taux de décaissement de 32 %.
Le groupe de la Banque africaine de développement (BAD)compte 23 opérations pour un engagement de 407 millions d’unités de compte, soit environ 550 millions de dollars américains, avec un taux de décaissement de 40,6 %.
Quant au groupe de la Banque islamique de développement (BID), il finance 20 projets et programmes pour un engagement total de 1,188 milliard de dollars, avec un taux de décaissement de 52 %.
Pour Mariama Ciré Sylla, ces chiffres traduisent « l’excellence des relations » entre la Guinée et ses partenaires techniques et financiers. Toutefois, elle a estimé que des efforts restent nécessaires pour accélérer l’exécution des projets, particulièrement dans la perspective du programme Simandou 2040.
« Dans le cadre du programme Simandou 2040, on a 122 mégaprojets attendus, avec un investissement de près de 200 milliards de dollars, ce qui nécessite un cadre approprié pour absorber les financements nécessaires à la mise en œuvre pratique de ce programme sur le terrain », a-t-elle affirmé.
Au-delà des chiffres, cette revue apparaît ainsi comme un test grandeur nature pour la capacité de l’administration guinéenne à transformer les financements mobilisés en infrastructures, services sociaux et opportunités économiques concrètes pour les populations.

