La capitale guinéenne a accueilli, ce mardi, la deuxième édition du Forum des courtiers, une initiative du groupe LANALA visant à renforcer la dynamique du secteur des assurances. L’événement a réuni professionnels de l’assurance, représentants des filiales du groupe, régulateurs, courtiers ainsi que plusieurs partenaires venus de Guinée et de la sous-région.
Au cœur des échanges : la nécessité de consolider le rôle du courtage dans un marché encore faiblement pénétré. Les intervenants ont unanimement souligné l’importance d’adapter le secteur aux évolutions économiques, technologiques et sociales.
Prenant la parole au nom de l’Association professionnelle des courtiers d’assurances et de réassurances, le Président de APCAR Guinée Théa Cécé, a salué une initiative « essentielle pour l’évolution de la profession». Elle a notamment insisté sur la transformation du modèle économique des cabinets de courtage : « Nous devons évoluer vers un modèle fondé sur des revenus durables, reposant sur la continuité des cotisations en assurance-vie », a-t-elle déclaré, appelant à davantage de professionnalisation et d’innovation.

Dans la même dynamique, le président de la Fédération interafricaine des assureurs conseils FIAC, Samaké Vakaramoko, a rappelé que l’assurance demeure un levier encore sous-exploité en Afrique :
« L’assurance est avant tout la gestion du risque. Elle remplace progressivement les mécanismes traditionnels de solidarité. Le courtier devient ainsi un partenaire stratégique, créateur de valeur pour le client. »
Représentant de la Banque centrale de la République de Guinée, Mamadou Ciré Bah DSA/BCRG a, pour sa part, mis en avant les progrès du secteur assurantiel national, qu’il qualifie de « en pleine expansion », grâce aux réformes en cours :
« Ces avancées nécessitent un secteur de courtage solide. Les courtiers constituent la base du développement des compagnies d’assurance », a-t-il affirmé.
Dans un discours mobilisateur, le directeur général Alama Diawara a souligné la portée stratégique de ce forum :
« Cet événement dépasse le cadre d’une simple rencontre. Il traduit notre engagement à bâtir un écosystème d’assurance plus solide, plus transparent et plus performant. » S’adressant aux courtiers, il a ajouté : « Vous êtes des bâtisseurs de confiance. Chaque contrat signé contribue à la protection des populations et au développement économique. »
Les discussions ont également mis en lumière une réalité préoccupante : le taux de pénétration de l’assurance en Guinée reste inférieur à 1 %. Le premier panel, consacré aux enjeux des NTIC et de la bancassurance, a soulevé les défis liés à la transformation digitale :
« Le courtier doit impérativement s’adapter aux évolutions technologiques pour rester compétitif », a averti un intervenant.
Au-delà des enjeux techniques, la question culturelle demeure centrale. L’assurance est encore perçue comme une dépense plutôt qu’un investissement, notamment au sein des PME :
« Il est essentiel de faire comprendre le coût du non-assuré », a souligné un responsable du Fonds de développement industriel.
Dans ce contexte, le rôle du courtier évolue vers celui de conseiller global, capable d’accompagner les entreprises avec des solutions adaptées à leurs réalités.
La journée s’est poursuivie avec des panels et des témoignages axés sur la résilience des cabinets de courtage, notamment à travers le développement de revenus récurrents en assurance-vie.
À l’issue des échanges, un consensus s’est dégagé : le courtier est appelé à devenir un acteur central du développement de l’assurance en Guinée, à condition de se réinventer. Digitalisation, proximité avec les PME, pédagogie et innovation constituent les principaux leviers pour relever ce défi.
Comme l’a conclu une panéliste venue de Côte d’Ivoire : « L’avenir du secteur dépend de la capacité des courtiers à instaurer la confiance et à rendre l’assurance accessible et utile à tous.»

