Site icon Guinéenews©

Kindia : Le cri de détresse de Samaya et Kaporo face à l’enclavement

Dans la sous-préfecture de Samaya, l’état de dégradation avancée des infrastructures routières s’impose comme le principal goulot d’étranglement du développement local. Entre Kolia et le centre administratif, les pistes sont devenues quasiment impraticables, isolant des communautés entières et asphyxiant l’économie agricole, poumon vital de la région. À ce calvaire logistique se greffent des tensions sociales persistantes liées aux conflits fonciers entre agriculteurs et éleveurs.

Fodé Sylla, vice-président de la délégation spéciale sortante de Samaya, dresse un constat alarmant :

« Les difficultés que nous rencontrons sont énormes. Le mauvais état de la route entre Kolia et la sous-préfecture pénalise lourdement nos activités. En saison hivernale, certaines zones sont totalement coupées du reste du pays ; même les motos ne passent plus. Cette situation empêche les producteurs d’évacuer leurs récoltes, qui finissent par pourrir sur place. La traversée du fleuve constitue un second obstacle majeur. Sans équipements adaptés, chaque déplacement est un défi, que ce soit pour évacuer un malade ou permettre aux élèves de rejoindre leurs écoles. »

Le calvaire des femmes rurales

Les femmes, piliers de la production et de la commercialisation, paient le tribut le plus lourd. L’impossibilité d’acheminer les produits vers les centres urbains engendre des pertes financières colossales.

Aminata Sylla, vice-présidente des femmes de Samaya, témoigne :

« Nous produisons à la sueur de notre front, mais nous échouons à vendre. Les transporteurs refusent de s’aventurer sur nos pistes. Nous passons parfois des jours à attendre un véhicule pendant que nos marchandises se détériorent. S’ajoute à cela le risque permanent de la traversée du fleuve, particulièrement périlleuse pour nos enfants. Nous supplions les autorités de nous venir en aide ; cette précarité nous épuise. »

Kaporo, l’isolement de l’autre côté de la rive

À Kaporo, localité située sur la rive opposée, l’enclavement est encore plus radical. Ici, le quotidien dépend de pirogues de fortune, non motorisées, rendant chaque trajet aléatoire et dangereux.

Soriba Camara, citoyen de Kaporo, interpelle l’État :

« Notre survie dépend du fleuve, mais nous n’avons aucun moyen sécurisé pour le franchir. En période de crue, nous sommes littéralement pris au piège. Les élèves risquent leur vie quotidiennement et l’accès aux soins d’urgence est quasiment impossible. Le désenclavement n’est plus une option, c’est une urgence vitale pour notre sécurité et notre économie. »

Aujourd’hui, de Samaya à Kaporo, les populations n’attendent plus que des promesses. Elles réclament des actions concrètes : reprofilage des pistes rurales et mise en place de moyens de franchissement sécurisés, conditions sine qua non d’un développement durable et d’une dignité retrouvée pour ces terroirs agricoles.

Quitter la version mobile