La célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse s’est tenue ce dimanche 3 mai 2026 à la Maison de la presse, dans un contexte marqué par des interrogations persistantes sur l’avenir du journalisme en Guinée. À cette occasion, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a prononcé un discours franc, dressant un état des lieux critique de la profession.
En ouverture, le président de la HAC a rendu hommage aux figures historiques de la presse guinéenne, évoquant une époque où l’exercice du métier s’effectuait dans des conditions particulièrement difficiles. Il a notamment salué l’engagement de journalistes chevronnés comme Assoumane Bangoura, rappelant leur rôle dans la consolidation des valeurs fondamentales du métier.
« Ils ont choisi l’éthique, la liberté, l’indépendance, mais surtout la responsabilité et la dignité », a-t-il déclaré, invitant la jeune génération à s’inspirer de ces modèles.
Dans un ton direct, Boubacar Yacine Diallo a soulevé les fragilités structurelles de la presse écrite guinéenne. Selon lui, le secteur souffre d’un déficit de leadership et d’organisation. « La presse écrite est en souffrance. Elle manque de leadership et n’a pas réussi à se constituer en véritable entreprise de presse. »
Il a dénoncé une gestion souvent individualisée des organes de presse, qu’il considère comme une source majeure de vulnérabilité économique et professionnelle.
Autre point central de son intervention : le rôle du syndicat des professionnels des médias. Le président de la HAC n’a pas caché ses réserves quant à sa représentativité et son efficacité.
« Vous n’avez pas un syndicat fort. Un syndicat, c’est celui qui dénonce ce qui ne va pas et reconnaît ce qui va. »
Il a également remis en question la légitimité de certains responsables syndicaux.
Se disant «défenseur de la dépénalisation des délits de presse», Boubacar Yacine a toutefois mis en garde contre les dérives.
« La dépénalisation a conduit à une forme d’irresponsabilité chez certains journalistes. La liberté doit s’accompagner de responsabilité. »
Il a rappelé que la HAC applique les sanctions prévues par la loi « avec discernement ».
Il a également retracé les difficultés rencontrées dans l’acquisition de la Maison de la presse, aujourd’hui offerte par l’État.
Dans une adresse aux professionnels, le président de la HAC a appelé à une introspection collective : « Avant de publier une information, remplacez le nom de la personne par le vôtre. Demandez-vous si vous accepteriez sa diffusion. »

