L’audience dans le dossier opposant l’ancien président de la délégation spéciale de Matam, Aliou Badra Cheickna Koné et ses coaccusés à l’Agent judiciaire de l’État a connu un nouveau tournant. Après plusieurs heures de débats consacrés aux exceptions soulevées par la défense, le tribunal a finalement tranché en rejetant l’ensemble des requêtes et en ordonnant un supplément d’information.
Présidée par le juge Alpha Camara, l’audience s’est principalement concentrée sur une série d’exceptions introduites par les avocats des prévenus, depuis l’ouverture des débats. Une première exception, fondée sur l’article 66 du Code électoral et visant notamment à obtenir la mise en liberté provisoire des accusés, a été rejetée par la cour.
La défense ne s’est toutefois pas arrêtée là. Revenant à la charge, elle a soulevé une seconde exception. Maître Razack a notamment contesté la régularité de la procédure concernant Madame Zahraa, placée sous mandat de dépôt, alors que, selon lui, seule la société SOCOBA est visée par les poursuites. Ses conseils ont ainsi sollicité du tribunal qu’il statue sur la nullité de la procédure engagée contre leur cliente.
Face à ces arguments, le parquet et la partie civile ont fermement demandé le rejet de toutes les exceptions, estimant qu’elles ne reposaient sur aucun fondement juridique solide.
Après délibération, le président de la cour a suivi cette position, en rejetant l’ensemble des exceptions soulevées.
Dans la foulée, il a ordonné un supplément d’information, renvoyant ainsi le dossier à la chambre d’instruction de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), pour approfondir les investigations
Le substitut du procureur spécial, Biwon Millimouno, a immédiatement pris acte de cette décision, annonçant que les prévenus seront présentés, sans délai, devant un juge d’instruction pour la suite de la procédure.
En attendant l’évolution de l’enquête, les accusés, dont Aliou Badra Cheickna Koné, resteront en détention à la maison centrale de Conakry.

