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CRIEF : Badra Koné de retour à la barre, entre revenus déclarés et gestion contestée

L’ancien président de la délégation spéciale de Matam, Badra Koné, a comparu de nouveau devant la chambre de jugement de la CRIEF. À la barre, le publicitaire de profession s’est longuement expliqué sur ses revenus, ses activités privées et sa gestion à la tête de la commune. D’entrée, Badra Koné a détaillé ses sources de revenus, affirmant percevoir « 11 millions de francs guinéens par mois » durant son mandat. À cela s’ajouteraient ses activités commerciales, notamment dans la vente de véhicules, qui lui rapporteraient « au minimum 300 millions de francs guinéens par an ».
Revenant sur sa gestion municipale, il a soutenu que la commune de Matam n’a bénéficié d’aucune subvention directe de l’État durant les 23 mois de son mandat. « Nous n’avons reçu que le financement de quatre grands projets », a-t-il précisé, sans donner davantage de détails sur leur nature ou leur impact.
Sur la question des dépenses, l’ancien responsable communal a évoqué l’acquisition de camions pour la mairie, indiquant qu’un montant de 70 000 euros aurait été engagé. Il a également mentionné un contrat signé avec un partenaire allemand pour l’achat à crédit d’un camion, avec des échéances de 30 000 euros tous les trois mois. Selon lui, le véhicule est toujours immobilisé à la commune, sans avoir été exploité, et son paiement resterait incomplet.
Concernant ses liens avec le secteur privé, Badra Koné a apporté des clarifications sur son implication dans la société B&B BTP SARL. Il affirme avoir détenu 50 % des parts avant sa nomination, mais assure les avoir cédées dans les deux semaines suivant sa prise de fonction, conformément aux exigences liées à sa charge. « Lorsque la société a obtenu le marché, je n’étais plus actionnaire », a-t-il insisté, ajoutant n’avoir perçu aucun bénéfice lié à ce contrat.
Sur son patrimoine, l’ancien président de la délégation spéciale a déclaré ne pas posséder de maison, mais être propriétaire de neuf parcelles à Maférinyah, acquises en 2011 pour un montant total de 3 millions de francs guinéens chacune. Il a également indiqué détenir deux comptes bancaires, l’un à la BSIC et l’autre à UBA, précisant y disposer d’environ 120 millions de francs guinéens dans son compte de UBA, et debuteur de 1,5 million de francs guinéens à BSIC.
Cependant, il convient de préciser que dès l’entame de l’audience, le procureur spécial argumentant sur la demande de mise en liberté, avait mis en doute les déclarations du prévenu concernant ses biens. Charles Wright a indiqué que,  » On a demandé au prévenu combien de véhicules avez-vous? Il a répondu deux alors qu’il en a des parkings. Combien de maisons vous avez? Il répond une alors qu’il en a beaucoup. On a décidé la dissimulation… » Le procès se poursuit, avec de nombreuses zones d’ombre que la juridiction entend encore éclaircir.
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