L’ouvrage intitulé « L’Afrique et ses trajectoires juridiques » a été dédicacé ce samedi 25 avril 2026 par son auteur, Dr Kalil Aïssata Keïta. La cérémonie s’est tenue à la Case du jardin de Gbassikolo, en présence de nombreux hommes de droit, d’avocats au barreau de Guinée, d’écrivains, ainsi que de proches collaborateurs et de membres de la famille de l’auteur.
Dans ce livre, l’auteur retrace, avec « rigueur et profondeur », l’évolution du système juridique africain, depuis l’époque précoloniale jusqu’à la période postcoloniale. Il met en lumière la trajectoire d’un droit en perpétuelle mutation, passé d’un modèle endogène fondé sur les valeurs communautaires et la sagesse coutumière, à un système largement influencé par la domination coloniale.
L’analyse met en exergue les continuités et les ruptures qui ont jalonné la construction du droit postcolonial. L’auteur insiste notamment sur les défis contemporains, tels que le mimétisme juridique, la faible effectivité des normes et la crise d’identité du droit dans les États africains.
À travers une approche à la fois historique, comparative et critique, l’ouvrage invite à repenser la place du droit dans les sociétés africaines actuelles. Il plaide pour une véritable décolonisation juridique et intellectuelle, fondée sur la reconnaissance du pluralisme normatif et la valorisation des traditions juridiques locales, afin de bâtir un droit à la fois efficace, légitime et authentiquement africain.
Revenant sur le contexte de rédaction après la cérémonie, l’auteur a précisé : « C’est un livre qui est rédigé sur la base d’un constat empirique, c’est-à-dire que la question d’effectivité de droit en Afrique. Partout ailleurs en Afrique, dans tous les États africains, la seule question qui se pose est celle de savoir : est-ce que le droit qui est en vigueur est l’émanation de notre société ? Et la seule réponse qui est donnée, c’est que le droit qui est en vigueur dans les États africains n’est pas un droit qui reflète le comportement des populations. Or, la vocation du droit, c’est de réguler les rapports entre les sociétés. Si le droit n’arrive pas à faire cette mission-là, c’est qu’il y a un problème. Ce problème-là est appelé en droit l’effectivité. Maintenant, pour comprendre l’effectivité du droit en Afrique, je suis remonté à l’origine précoloniale ».
Précisant la portée de son ouvrage, l’auteur indique qu’il s’adresse aussi bien aux universitaires, aux pouvoirs publics qu’à l’ensemble des citoyens africains, avec pour objectif de mieux comprendre la question de « l’effectivité de leurs droits » et d’identifier des solutions pour rendre le droit plus applicable en Afrique.
Exprimant sa satisfaction en marge des « 72 heures du livre », Dr Kalil Aïssata Keïta se dit fier d’avoir dédicacé ce deuxième ouvrage, fruit de trois années de recherches et de voyages à travers plusieurs pays africains. Il en a profité pour remercier toutes les personnes ayant contribué à sa réalisation, ainsi que sa famille.

