Dans le cadre de la campagne « Les métiers n’ont pas de genre », les centres de formation professionnelle appuyés par le Programme d’Appui à l’Insertion et à l’Emploi Décent par la Formation Professionnelle (PAIED‑FP) ont organisé, entre mars et avril 2026, une série d’activités artistiques et éducatives. L’objectif : faire passer un message simple et fort — tous les métiers sont accessibles à toutes et à tous, sans distinction de genre.
Ces actions, mises en œuvre dans le prolongement de la Journée internationale des droits des femmes, ont pris la forme de concours artistiques intitulés « Nos Etablissements de Formation Professionnelle ont du talent pour promouvoir les droits des femmes ». Les activités se sont déroulées en différé sur plusieurs sites, notamment au Centre d’Éducation pour l’Environnement et le Développement (CEED) de Pita, au Centre de Formation Professionnelle (CFP) de Kindia, au Centre Apprentissage et de Formation Professionnelle Post Primaire et Secondaire Kipé et à l’École Nationale d’Agriculture et d’Élevage (ENAE) de Tolo, s’étalant jusqu’au début du mois d’avril.
Au‑delà de la date symbolique du 8 mars, les centres ont souhaité inscrire ces initiatives dans une dynamique plus large et durable. L’enjeu était clair : favoriser un accès équitable aux formations et aux métiers, en s’attaquant aux stéréotypes encore présents dans les filières techniques et professionnelles. À travers la campagne « Les métiers n’ont pas de genre », il s’agit avant tout d’encourager chaque apprenant·e à construire son parcours en fonction de ses compétences, de ses talents et de ses aspirations — et non de son genre.
Les activités ont réuni apprenant·e·s, équipes pédagogiques, points focaux genre et autorités locales, dans une ambiance à la fois engagée et conviviale. À Pita et Kindia, en parallèle, des carnavals éducatifs ont également permis de sensibiliser les communautés locales et de donner une visibilité concrète aux messages portés par la campagne.
Les participant·e·s ont pu s’exprimer à travers des formes artistiques variées — slam, poésie, rap, chant ou créations manuelles — en abordant des thèmes tels que la place des femmes dans les métiers techniques, l’égalité des chances ou encore la liberté de choix professionnel. Les productions ont été évaluées par un jury commun, selon des critères partagés, garantissant un processus transparent et équitable.
Pour Emile Djiba Tolno, apprenant au CEED de Pita et lauréat du concours, l’expérience a laissé une forte impression :
« À travers cette activité, j’ai compris que les femmes ont toute leur place dans tous les métiers. Ce concours nous a permis de nous exprimer librement et de défendre les droits des femmes à travers nos talents. »
Une jeune apprentie d’un métier considéré comme masculin au CFP de Kindia
Au CFP de Kindia, Aïcha Sylla, apprenante en plomberie et également lauréate, souligne l’impact de l’initiative sur les représentations sociales :
« Les messages que nous avons portés montrent que les stéréotypes freinent encore les filles à s’intéresser à des métiers comme la plomberie. Ce genre d’activité nous donne confiance et nous encourage à aller au bout de nos projets. »
Du côté des équipes encadrantes, l’initiative est perçue comme un véritable levier de changement. Pour Madame M’Ballou Keïta, Directrice de l’ENAE de Tolo :
« Ce concours permet de renforcer la confiance et l’autonomie des filles, en les encourageant à s’exprimer et à s’engager dans des filières traditionnellement perçues comme masculines. Cette initiative montre que les compétences n’ont pas de genre. »
Une vision partagée par les équipes du programme. Pour Mariama Oury Goepogui et Coline Spreuwers, chargées Genre et Inclusion au sein d’Enabel :
« À travers ce concours artistique, l’Union européenne à travers le PAIED‑FP et Enabel encouragent les jeunes à devenir des acteurs et actrices du changement. L’art est un levier puissant pour sensibiliser, questionner les normes sociales et promouvoir l’égalité dans les centres de formation professionnelle. »
Cette initiative s’inscrit pleinement dans les priorités transversales du PAIED‑FP, qui œuvre en faveur d’une formation professionnelle inclusive, facilitant l’accès équitable des femmes et des hommes à des compétences porteuses d’emploi. Le programme est cofinancé par l’Union européenne, l’Agence française de développement (AFD) et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), et est mis en œuvre par l’AFD, la GIZ et Enabel, en partenariat avec le Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle.
Lauréat.e.s du concours à l’ENAE de Tolo, l’un des centres appuyés par le PAIED-FP
En prolongeant la dynamique initiée autour du 8 mars sur plusieurs semaines, les centres de formation professionnelle accompagnés par le PAIED‑FP réaffirment ainsi leur engagement à faire de l’égalité et de l’inclusion des réalités vécues au quotidien, au service de parcours de formation et d’insertion ouverts à toutes et à tous.

